La Nouvelle Tribune

Tergiversations enregistrées dans le processus électoral

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La société civile exige la tenue du scrutin au 20 avril
Dans une déclaration rendue publique hier mercredi à l’Infosec de Cotonou, les Organisations de la société civile prennent la juste mesure des tergiversations enregistrées ces derniers jours dans le déroulement du processus électoral. Elles dénoncent les manœuvres orchestrées et leurs auteurs et exigent la tenue effective du scrutin à la date initiale du 20 avril 2008.

Pour mieux se convaincre des difficultés créées par le gouvernement à la Commission électorale nationale autonome (Cena), elles ont effectué une descente à l’issue de leur déclaration au siège de l’organe à Ganhi. Plusieurs organisations de la société civile et leurs responsables ont effectué leur grand retour sur scène à travers cette grande activité qui a mobilisé également plusieurs organismes internationaux partenaires représentés hier par leurs responsables au plan national.  Lire la déclaration lue par Mme Huguette Dossa, présidente de Social Watch.

 

Déclaration des organisations de la société civile sur la crise actuelle dans l’organisation des élections communales, municipales et locales du 20 avril 2008,
(INFOSEC, 09 AVRIL 2008)


Les organisations de la société civile, soussignées, réunies à l’INFOSEC de Cotonou le mercredi 09 avril 2008 ;
 Préoccupées par la situation de crise que connaît actuellement le pays et qui laisse planer un doute sur l’organisation des élections au Bénin ;
 Rappellent aux acteurs politiques à divers niveaux et à l’opinion nationale et internationale que depuis la Conférence nationale de février 1990, le Bénin a fait le choix d’un régime démocratique caractérisé par la tenue régulière d’élections libres et transparentes ;
 Constatent qu’à chaque échéance électorale, le peuple béninois et ses institutions démocratiques sont pris en otage par une organisation mélodramatique des élections, ce  qui crée un climat de défiance, de suspicion, de méfiance et de sueurs froides ;
 Observent que les tensions qui s’en suivent  et la crainte généralisée qu’elles engendrent sont dues essentiellement au non respect des délais légaux et constitutionnels pour l’organisation des élections, aux querelles intestines - alimentées par des intérêts personnels et/ou partisans - entre les acteurs de la vie politique et de la CENA et la forte politisation de celle-ci, tout ceci corroboré par une utilisation à grande échelle des moyens de l’Etat comme appât électoral occultant les réelles aspirations des populations et les exigences d’une démocratie qui se construit ;
Notent que ces tergiversations et bégaiements non seulement nuisent gravement à la fierté légitime que les béninoises et les béninois éprouvent par rapport à leur système démocratique et à l’image du Bénin sur la scène internationale mais aussi constituent une honte nationale et un recul dangereux par rapport aux succès et progrès enregistrés ces dernières années par le Bénin sur le chemin de la démocratie ;
Rappellent aux uns et aux autres que la crédibilité d’une démocratie dépend non seulement de la qualité de son processus électoral mais surtout de la tenue à bonne date de chaque élection ;
Observent que les élections mal organisées sont l’une des premières sources de conflit en Afrique et dans le monde ;
En conséquence, exigent la tenue impérative des élections communales, municipales et locales le 20 avril prochain conformément au calendrier électoral établi par la CENA, seul organe habilité à organiser les élections ;
 Recommandent aux acteurs impliqués de se rencontrer pour discuter dans l’intérêt de tous des problèmes qui menacent la tenue à bonne date des élections plutôt que de se jeter des pierres ;
 Prennent à témoin le peuple tout entier et rappellent à tous les acteurs institutionnels, politiques et sociaux de notre pays la nécessité du respect des institutions dont le peuple béninois s’est doté et appellent chacune et chacun à assumer pleinement ses responsabilités face à l’histoire
Réaffirment leur soutien inconditionnel à la CENA qui, au-delà des personnes qui la composent, reste et demeure une Institution de la République ;
 Rassurent tous les partis politiques, les candidats et les électeurs de leur engagement à assumer mieux que par le passé la surveillance du déroulement du processus électoral.
 
Fait à Cotonou, le 9 avril 2008 
 
Ont signé :

DHPD-ONG,
WANEP-Bénin,
SOCIAL WATCH,
Nouvelle Ethique,
ALCRER,
Centre Africa Obota,
ONG Valeurs Citoyennes,
CSA-Bénin,
UNSTB,
ELAN,