La Nouvelle Tribune

En 2016, soyons tous des Potiers de la république

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Un prospectus rouge circule depuis quelques semaines dans le pays. Bien que court, ce texte est un concentré d’enseignements pour la jeune génération en quête de repère. Les auteurs, les Potiers de la république (Pr) y mettent une forte dose de patriotisme capable d’émouvoir l’apatridie insouciante de certains d’entre nous.

Deux phrases retiennent mon attention : «Le Potier de la république est animé du désir de servir sa patrie dans la loyauté et le détachement ». Et plus loin, on y lit : « Le Potier de la république se met au service de l’affranchissement total de sa patrie ». Deux phrases fortes triées sur le volet dans un texte qui doit rester pour beaucoup de Béninois un vade mecum du citoyen. Les auteurs, les Potiers de la république, une association de jeunes volontaires  ont vu juste en mettant l’accent sur la racine du mal qui ronge le Bénin depuis 1990. Si un brin de patriotisme avait influencé les actes des uns et des autres, on ne serait pas en train d’assister à la mort douce et lente du modèle inventé par le génie béninois à la conférence nationale des forces vives de Février 1990.Tous les maux que nous avons dénoncés dans le préambule de la Constitution et qui sont : l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, le népotisme se sont développés avec plus d’acuité.  Si l’attachement à la patrie avait été une priorité dans les discours et les actes posés par les gouvernants et les gouvernés, la gouvernance politique d’aujourd’hui n’aurait pas produit autant de scandales, de détournements, de concours frauduleux, d’assassinats. C’est pourquoi le rôle joué par cette organisation de jeunes s’apparente à celui d’un guide, d’un précurseur de la nouvelle conscience citoyenne. A chaque  instant qu’ils posent des actes, les Pr ont toujours montré la voie. Ils sont les premiers à agiter le mot de pardon et de réconciliation. Lors de son dernier message de présentation de vœux à la nation le 31 décembre 2015, le Chef de l’Etat a, à mots voilés, demandé pardon au peuple béninois pour n’avoir pas pu réaliser tout ce qu’il a promis. Cet effort d’ailleurs salué par les responsables du mouvement est louable et devrait ouvrir la voie à la réconciliation nationale. Yayi a montré le chemin et devrait être suivi. Les Pr ont été également les premiers à alerter sur les gènes chrysogènes que recèle la candidature de l’actuel premier ministre. En décembre dernier à Natitingou pour l’adhésion à leur idéal, le porte- parole des Pr Céphise Béo Aguiar avait tiré sur la sonnette d’alarme en disant que cette candidature pourrait conduire le Bénin au scénario Waxala.

Le lundi 04 janvier dernier, les potiers ont orienté beaucoup plus les électeurs plus en donnant les critères qui devraient guider le choix de l’électeur béninois. Le troisième critère recommande que le successeur de Yayi doit avoir entre 42 ans et 52 ans. Ce critère exclut certains des candidats qui ont actuellement le vent en poupe. Les Pr qui ne veulent guère faire la politique entendent influencer le jeu en aidant les populations à faire un bon choix. C’est pourquoi, ils ont entamé des pourparlers avec les candidats qui répondent à ce critère. C’est ainsi qu’ils ont rencontré Sébastien Ajavon, Eric Houndété, Daniel Edah, Bertin Coovi et bien d’autres. C’est la première organisation à émettre ses réserves sur la candidature de Lionel Zinsou bien avant le groupe du président Soglo dont la méthode manque de finesse. A maintes reprises, les Pr ont montré les limites de la solution importée incarnée par le premier ministre et lui ont demandé de rester dans son couloir. «  A 61ans, il ne reste plus grand-chose à tirer d’un homme, plus assez de jus. Lionel Zinsou a donné le plus à la France. Actuellement, il mérite la retraite et doit se donner le temps de faire du tourisme en Afrique », conseille un responsable du l’association. Sur presque tous les grands débats de l’heure, les Pr sont présents. L’une de leurs recettes est la refondation de la république avec le concept « Alédjo2 » crânement inventé et soutenu par un de ses membres, le Dr Horace Adjolohoun. En 2016, allons tous à l’école des Potiers de la république pour un sursaut de patriotisme et réconciliation du peuple