La Nouvelle Tribune

Critiques du président Yayi : La réplique de Michel Adjaka

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L’action provoque la réaction. Cette logique a une nouvelle fois été respectée. Quelques heures seulement après le discours du chef de l’Etat sur l’état de la nation dans lequel ils ont été apostrophés par Boni Yayi, les magistrats béninois ont réagi.

Dans un post sur sa page facebook, Michel Adjaka, président de l’Union nationale des magistrats du Bénin, a répliqué aux « attaques » du président Boni Yayi. Selon Michel Adjaka, le docteur-président dans son dernier discours sur l’état de la nation a manqué une « occasion solennelle de faire la paix avec la justice béninoise ». Dans son allocution ce lundi, Boni Yayi, recherchant les causes de l’échec de la lutte contre la corruption qui gangrène toute l’administration, a indexé la justice et fait allusion à une démission collective.

Pour Michel Adjaka le peuple ne peut être accusé de l’échec de la lutte contre la corruption. « Dans aucun pays au monde, le peuple n’a pris la décision d’en découdre avec une gangrène sociale aussi redoutable et cruelle que la corruption par un engagement collectif. Le peuple lutte toujours par procuration à travers ses dirigeants », a expliqué le magistrat avant d’indiquer qu’il appartient aux gouvernants de se doter de visions pour résoudre les problèmes auxquels leurs mandants sont confrontés. « Au Bénin où la constitution fait du Président de la République une institution monarchique, aucune lutte contre la corruption ne peut réussir sans la détermination de celui-ci », a souligné le président de l’UNAMAB. Et Si Boni Yayi semble avoir doté le pays d’instruments de lutte contre la corruption- loi anti-corruption et autorité nationale de lutte contre la corruption (ANLC)-, le magistrat Adjaka  relève que « l’ANLC n’a pas obtenu du Président de la République et de son Gouvernement l’accompagnement nécessaire à renverser la tendance haussière de la corruption ».

Mauvaise échappatoire

Evoquant les causes de l’échec de la lutte contre la corruption, Boni Yayi en a trouvé trois de majeures : la grève des magistrats, la politisation d’un certain noyau de magistrats et l’inexistence d’un tribunal de commerce. Mais ces causes, le président de l’UNAMAB les a démontées, une à une. Parlant de la grève des magistrats, Michel Adjaka a laissé entendre que sans elle, la démocratie et l’état de droit auraient pris un coup. En ce qui concerne la politisation, le président de l’UNAMAB a indiqué qu’aucun membre de son organisation syndicale ne fait la politique. S’agissant enfin de la création d’un tribunal de commerce, le magistrat Adjaka a relevé de nombreuses contradictions dans l’approche qui limiteraient son efficacité une fois créé. Pour le président de l’UNAMAB donc, la justice est une simple échappatoire trouvée par le premier magistrat pour justifier l’échec de la lutte contre la corruption.