La Nouvelle Tribune

Richard Sènou rejette la candidature de Lionel Zinsou et appelle le peuple à la vigilance

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Un nouveau contestataire de la candidature de Lionel Zinsou entre dans la danse. Au cours d’une déclaration faite hier au Novotel, Richard Sènou s’arc-boute contre la candidature du Premier ministre. Le ton du pamphlet est martial, les accusations graves.

On l’attendait moins dans ce registre de la contestation. Le 03 Juillet dernier, sur l’émission « Zone Franche », Richard Sènou avait pourtant loué les grandes qualités et les mérites  du nouveau premier ministre de Boni Yayi. On s’attendait donc à ce qu’il fasse, comme c’est la mode actuellement, une déclaration pour soutenir sa candidature. Mais hier, il s’est posé comme un pourfendeur du choix de Boni Yayi. Dans un discours plutôt anti-impérialiste où Lionel Zinsou est peint comme un valet de la Françafrique, Richard Sènou déclare : «  Oui, Lionel Zinsou est un économiste financier qui a toujours exercé en France et servi les intérêts de la France. Il reconnaît lui-même être Français en France et Béninois au Bénin. Il reconnaît avec fierté ses amitiés dans les institutions françaises et au sein du gouvernement français ».

Après avoir critiqué son programme « Lumière pour tous », il ajoute que le développement n’est pas la gestion de fonds confiés et que diriger un pays demande un certain nombre de préalables. « Diriger un pays, dira-t-il, c’est connaître le pays, les hommes, et avoir une vision. Pour le moment, vous ne connaissez ni l’un, ni l’autre », renchérit le conférencier qui conseille à Lionel Zinsou de ne pas se laisser instrumentaliser par le président dont le seul principe de gestion du pouvoir d’Etat a consisté à la division des Béninois jusqu’aux plus petits cercles des familles. Il va mettre Lionel Zinsou en garde contre cette compromission dans laquelle il veut se mettre. « Cher premier ministre, continuer les œuvres de Boni Yayi, c’est continuer la corruption, la gabegie, le clientélisme, la concussion, la division, les faux concours et une gestion hasardeuse du pouvoir d’Etat », avertit-il avant de s’adresser au Chef de l’Etat avec un ton martial : « Mon cher président, rassurez- vous. Le Bénin n’est pas un peuple de vengeance. Vous vivrez tranquillement après votre départ du pouvoir. Mais, si avec votre dauphin, vous vous hasardez à imposer au peuple béninois un Président illégitime comme ce fut le cas il y a 5ans, partout dans ce pays, des contrées les plus reculées en passant par tous les villages et villes, le peuple se dressera sur votre chemin comme un bouclier pour mettre fin à l’imposture. », avertit Richard Sènou qui a reçu à cette conférence le soutien de Kokou Zounon du Parti communiste du Bénin, de l’activiste Jacques Ayadji et de quelques sympathisants