La Nouvelle Tribune

Azannaï dénonce la «démocrature» de Yayi et propose la solution Talon

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A l’occasion de la célébration du 9è anniversaire de son parti politique Restaurer l’espoir (Re), l’honorable Candide Azannaï a donné une conférence de presse ce mercredi 16 décembre au siège du parti pour exposer son point de vue sur les différents sujets qui ont défrayé la chronique au Bénin ces derniers jours et aussi les enjeux de l’élection présidentielle de l’an prochain.

Justice bafouée

 Le député de la 7è législature est revenu sur  les propos et actes officiels et publics du Chef de l’Etat, Boni Yayi. Ainsi, Candide Azannaï a qualifié ces  actes de propension au dénigrement des dispositions de la Constitution en matière de justice. Pour le député, le président Yayi n’a de cesse que de bafouer les décisions de la justice depuis son avènement au pouvoir en 2006. En effet, l’honorable a parlé de violation flagrante du Préambule et notamment, en violation des dispositions des articles 41, 53, 59 de la Constitution de la part du patron de la Marina. Puis, le député a fait référence aux publications et quelques adresses du magistrat Michel Adjaka qui a fait le bilan des propos, des faits, des actes orchestrés directement par Boni Yayi contre la loi, le droit, et la justice et autres dispositions. Candide Azannaï dira « Qui viole la justice, viole tout ». Puis conclut « Ni sous le Président Soglo, ni sous Feu Président Kérékou, et jamais dans notre histoire post-coloniale, la justice n'a été autant malmenée, autant dénigrée et autant avilie comme Boni Yayi en est la triste illustration despotique ». Une telle habitude du président Yayi, selon le député,  menace l’Etat de droit.

Etat de droit menacé

C’est par une pensée de John Rawls que le député a fait allusion pour expliquer la corrélation qui existe entre la justice et l’Etat de droit. Le député cite : « La justice est la première vertu des institutions sociales comme la vérité est, celle des systèmes de pensée ». Ainsi dit, Candide Azannaï a fait comprendre que l’humiliation de la justice par le président Boni Yayi constitue une menace de l’Etat de droit et surtout des principes et acquis du renouveau démocratique. Ensuite le président du parti Restaurer l’espoir (Re) a exposé le contenu du serment du Chef de l’Etat et ses obligations vis-à-vis des citoyens et des institutions de la République.

De la démocratie à la ‘’démocrature’’

Politisation exagérée de l'administration publique sur fonds de régionalisme, concussion, népotisme, corruption arrogante, fraude à la morale, falsification, débat politique ruiné, organes et moyens publics d'information et de communication confisqués, assassinats, enlèvements, disparitions, persécutions, moyens de l'Etat orientés contre la concurrence électorale, le député Azannaï n’a pas marchandé ses mots pour dénoncer le système mis en place par Boni Yayi. Selon l’honorable, Yayi a imposé une autre marque à la République du Bénin indépendamment de son statut d’Etat démocratique. Et pour conclure, il déclare: « La démocratie se transforme en ‘’démocrature’’ (dictature du développement) lorsque sous son couvert, la réalité du pouvoir s'exerce de manière dictatoriale ». Pour faire face à cette situation et redonner confiance au peuple,  Candide Azannaï a proposé des solutions

Reformer le système institutionnel et partisan

Pour préserver l'héritage de la Conférence Nationale de février 1990, le président de Restaurer l’espoir (Re) a expliqué la nécessité d’opérer deux réformes, des réformes incontournables. Il s’agit d’un nouvel  examen du système partisan et du rééquilibrage des institutions démocratiques. Mais comment rendre cela possible ? La solution parait tout simple pour le député. Pour y arriver, Candide Azannaï a lancé un appel au rassemblement autour des défenseurs de la démocratie incarnés par ceux qui ont libéré le pouvoir judiciaire le 19 mai dernier lors de l’élection du président de l’Assemblée nationale.

2016 et Patrice Talon

Pour l’honorable député et président du parti Restaurer l’espoir (Re), deux camps se positionnent à la veille des échéances présidentielles: le camp de la dictature dite de développement (démocrature) conduit par Boni Yayi et le camp des démocrates soucieux de la préservation des acquis du Renouveau Démocratique. Selon le député, le denier camp est incarné par Patrice Talon, candidat à l’élection présidentielle de l’an prochain. Mieux, il a expliqué que le souci du démocrate candidat (Patrice Talon, ndlr) est la survie de la classe politique à moyen et à long terme, à la sauvegarde de la démocratie et de l'Etat de droit au Bénin. Pour ces raisons, Candide Azannaï a demandé aux autres politiques de se rallier à sa cause pour garantir une victoire historique dès février prochain