La Nouvelle Tribune

Violation des décisions de justice : L’UNAMAB rappelle Yayi à l’ordre

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Les responsables de l’Union nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB) étaient dans l’après-midi de ce vendredi face à la presse locale. Michel Adjaka, le président de l’UNAMAB et les autres membres du bureau du syndicat des magistrats sont sortis pour réagir par rapport à l’attitude du chef de l’Etat béninois, Dr Thomas Boni Yayi.

Bien que garant de l’exécution des décisions, le président de la république du Bénin a décidé de passer outre les décisions rendues par les autorités judiciaires tant nationales que régionales en sa défaveur. Ce fut le cas récemment dans les dossiers PVI (programme de vérification des importations) et épine dorsale qui oppose l’Etat béninois respectivement à Patrice Talon et Samuel Dossou, tous deux des opérateurs économiques béninois.

Lors de la sortie médiatique,ils ont démontré que cette attitude du chef de l’Etat est loin d’être un acte accidentel en rappelant plusieurs affaires. Les magistrats ont condamné avec la dernière rigueur les « propos et actes attentatoires à la sécurité juridique et judiciaire et à la paix ». « L’UNAMAB condamne avec fermeté de tels actes et propos et rappelle au Gouvernement et à son Chef, que la justice, en ce qu’elle est une vertu et un rempart contre l’arbitraire, ne peut être soumise au bon vouloir des gouvernants », a déclaré Rodrigue Ago, responsable à l’information de l’UNAMAB lors du point de presse.

Rappel à l’ordre

L’UNAMAB a également rappelé le président Boni Yayi à l’ordre. Dans sa déclaration lors du point de presse, Rodrigue Ago a rappelé au chef de l’Etat qu’ayant prêté serment de défendre la constitution qu’il a le devoir sacré de prêter indistinctement main forte à l’exécution de toute décision de justice. Ainsi, « tout acte de rébellion de sa part pourrait emporter sa responsabilité personnelle pour violation du serment qu’il a prêté devant la Nation », a indiqué le responsable à l’information de l’UNAMAB. Il poursuit en expliquant qu’un pays où le Président de la République est disposé à exécuter les décisions de justice favorables à ses intérêts, mais prompt à s’opposer à la mise en œuvre de celles qui leurs portent atteinte est loin d’être un Etat de droit. 

Pour terminer son rappel à ordre, l’UNAMAB exige du Président de la République de surseoir sans délai à tout acte de rébellion contre la décision rendue par la cour d’appel dans le dossier épine dorsale. Par la même occasion, le syndicat des magistrats rend le Gouvernement et son Chef responsables de toute déconvenue qu’engendrerait leur résistance.