La Nouvelle Tribune

Ayadji appelle les travailleurs de Benirail à ne pas se laisser manipuler

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Le dimanche 29 novembre dernier, le président Boni Yayi lors d’une séance de travail avec les agents de l’Ocbn devenue Bénirail a exprimé sa volonté de ne pas appliquer la décision de justice qui demande à cette société de surseoir à ses travaux.

Ce qui a été applaudi par les travailleurs. Dans une lettre ouverte adressée à l’Inter syndical et aux travailleurs de cette société, Jacques Ayadji, secrétaire général du Syntra-Ttp, les invite à ne pas compliquer leur avenir dans ce dossier «en continuant de se laisser manipuler par un Gouvernement qui n'a aucun respect pour sa propre signature …». Il les appelle à ne pas se laisser manipuler

TOUS LES MEMBRES DU BUREAU DIRECTEUR DE L'INTER"SYNDICALE ET A L'ENSEMBLE DES CAMARADES TRAVAILLEURS DE L'ORGANISATION COMMUNE BENIN"NIGER DES CHEMINS DE FER ET DES TRANSPORTS (OCBN)

OBJET: Au sujet de votre participation active (par applaudissements nourris) à la rébellion publique à l'application d'une décision de justice organisée le dimanche 29 novembre 2015 par le Chef de l'Etat, le Docteur Thomas Boni YAYI en présence de français du Groupe BOLLORE.

Chers Camarades,

C'est avec beaucoup de peine et de tristesse que j'ai suivi en direct à la télévision, votre participation active (par applaudissements nourris) à la violation flagrante de la Constitution du 11 décembre 1990 organisée par celui-là même qui est légalement le garant du respect de cette loi fondamentale et de l'application des décisions de justice dans notre pays.

Comme, j'ai eu à le dire aux camarades membres du Bureau Directeur de l'Inter-Syndical  venus me  voir pour solliciter le soutien du SYNTRA-TTP pour des actions conjointes (Inter-Syndical / SYNTRA-  TTP) de rébellion contre l'arrêt de la Cour d'Appel qui hypothèquerait vos emplois, il n'est pas possible dans un Etat de Droit comme le nôtre de contester une décision de justice en dehors des procédures fixées par la loi, notamment dans le cas d'espèce, le pourvoi en cassation. En leur donnant cette position du SYNTRA-TTP, je m'étais refusé de m'éterniser sur le fond du dossier en me limitant seulement à leur expliquer que dans un Etat de séparation des pouvoirs, une organisation sérieuse ne saurait se rebeller contre l'application d'une décision de justice par des manifestations de rue.

Déjà en juillet dernier, je vous écrivais via ma page facebook ce qui suit, suite à votre fameuse marche en soutien au Groupe BOLLORE :

Citation: « A mes camarades travailleurs de l'OCBN, je vous demande de ne pas vous laisser naïvement piéger car tout ce qui brille n'est pas de l'or. N'offrez pas à vos bourreaux, les armes dont ils se serviront pour vous abattre (et tout le peuple béninois avec vous). N'oubliez pas que les promesses quelles qu'elles soient n'engagent jamais leurs auteurs, mais plutôt ceux qui y croient et que comme le dit la Fontaine: tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute. Votre soutien spontané ou suscité au Groupe BOLLORE à travers cette fameuse marche n'a aucune justification, surtout que le Gouvernement va déjà largement dans le sens que vous prétendez défendre. Sinon, dites-moi quel est l'objectif de votre marche? Amener le Gouvernement à rebrousser chemin?

Je vous vois aujourd'hui dans la position des ex-employés de l'Hôtel de la Plage (actuel AZALAï) au moment de sa privatisation (encore qu'eux n'étaient pas allés jusqu'à une marche).

Aujourd'hui, allez les interroger. Ils n'ont que leurs yeux pour pleurer.

Une fois, l'affaire en poche, les repreneurs de cet hôtel les ont purement et simplement mis à la porte sans aucune réaction du Gouvernement.

Aujourd'hui, ils tournent, sans succès pour le moment, dans les coulisses de l'émission la caravane du matin pour donner de la voix. Je ne vous souhaite pas cette mésaventure. Donc sachez raison garder et joignez-vous à la Société Civile pour défendre les intérêts de notre pays.

C'est sûr que vous y trouverez les vôtres. En tout cas, je vous aurais prévenus ».

Rappelez-vous que cette fameuse marche a suscité un article dans la lettre du Continent (très lue dans le monde entier) dans lequel il a été affirmé que l'inter-Syndical a été financé à hauteur de 15 Millions de francs CFA par la Présidence de la République pour organiser ladite marche.

Je vous reprends ci-après cet article de la lettre du continent pour que vous voyiez vous-mêmes si ça honore l'inter-syndical.

Citation: « Bénin, l'OCBN très réceptive au projet de BOLLORE.

Les employés de l'OCBN, société chargée de gérer l'actuel tronçon ferroviaire Parakou-Cotonou, se sont d'autant mieux mobilisés le 20 juillet en faveur du projet de train reliant Cotonou à Niamey qu'une enveloppe de couleur Kaki contenant 15 millions de francs CFA a été octroyée la veille par la Présidence béninoise à l'inter-syndical censé organiser ce meeting de soutien à Cotonou. Les salariés de l'OCBN ont exigé la signature de la convention avec Vincent BOLLORE, promoteur de ce projet et le seul selon eux en mesure d'assurer la pérennité de leur emploi. ».

Chers camarades, sur quoi vous basez-vous pour affirmer que seul le Groupe BOLLORE est en mesure d'assurer la pérennité de vos emplois? Pourquoi vous obtenez-vous à comparer deux situations incomparables?

Le Groupe BOLLORE et le Groupe de Samuel DOSSOU ont-ils bénéficié des mêmes conditions de la part du Gouvernement?

Savez-vous que ce n'est pas le Groupe BOLLORE qui vous a versé de sa poche les 19 mois d'arriérés de salaires mais plutôt nos deux Etats à travers un prêt rémunéré dont une partie de la rémunération ira dans les poches du Groupe BOLLORE ?

Le Gouvernement a-t-il proposé ce mode de paiement de vos arriérés de salaire au Groupe de Samuel DOSSOU ?

Je peux aligner des questions à l'infini pour vous montrer que notre Gouvernement n'est pas dans le vrai dans ce dossier. Je vous fais seulement tenir quelques correspondances officielles ainsi que la convention par lesquelles les Etats Béninois et Nigérien s'étaient engagés avec le Groupe de Samuel DOSSOU.

Aussi, voudrais-je vous demander, Chers Camarades, de ne pas compliquer votre avenir dans ce dossier en continuant de vous laisser manipuler par un Gouvernement qui n'a aucun respect pour sa propre signature et qui anachroniquement se donne dans des incantations sur l'appel des capitaux étrangers. Quel investisseur étranger sérieux prendra le risque de venir investir dans un pays dans lequel c'est le Président de la République lui-même qui prend publiquement la tête à la rébellion à l'application des décisions de justice?

Pour finir, je voudrais vous informer que le Président de la République n'a aucune prérogative constitutionnelle de signer des accords internationaux sans recourir au préalable à une loi d'autorisation de ratification par la Représentation Nationale. Seuls les accords internationaux signés dans les conditions fixées par notre constitution ont une primauté sur nos lois nationales.

Dans l’espoir que vous ne vous associerez plus à des manifestations du genre, je vous prie de recevoir, Chers Camarades, mes salutations militantes

Jacques AYADJI