La Nouvelle Tribune

Lionel Zinsou : «L’idée que la France dominerait l’économie dans l’Afrique francophone est fausse»

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La Françafrique n’existe pas. Lionel Zinsou,  le banquier franco-béninois qui dirige depuis bientôt six mois la primature du Bénin est formel. A Paris dans le cadre de la conférence internationale sur le climat, l’ancien patron du fonds d’investissement français PAI partners qui entend briguer la magistrature suprême au Bénin s’est en effet prononcé sur la question de la Françafrique ce mardi 1er décembre 2015.

Pour l’ancienne plume du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, l’idée selon laquelle la France a des réseaux très puissants à travers lesquels elle continue de diriger ses colonies en Afrique subsaharienne est une simple imagination française. « C’est un fantasme français », estime Lionel Zinsou. Le premier ministre du gouvernement du président Boni Yayi poursuit son argumentaire en déclarant que « l’idée que la France dominerait l’économie dans l’Afrique subsaharienne francophone est fausse ». La vraie situation, à en croire le numéro 2 du gouvernement de la république du Bénin, c’est que la France a perdu pas mal de terrains en matière de parts de marché.

« Franc CFA, un outil d’intégration »

Lors de son émission ce mardi, le premier ministre béninois s’est également penché sur la question récurrente du franc CFA, notamment quant à sa suppression ou non. Pour le banquier d’affaires, il n’est pas question de faire disparaître cette monnaie. Car, défend-il, le Franc CFA est un outil d’intégration entre 13 pays africains. « C’est un outil d’intégration [...] pour développer de grands marchés intérieurs », souligne Lionel Zinsou. Selon le candidat à la succession de Boni Yayi au palais de la Marina, présidence de la république du Bénin, en avril prochain, le franc CFA, loin d’être un problème, est un « atout ».

A en croire l’ancien patron de PAI partners, le seul grief que les gens ont contre l’utilisation du franc CFA, c’est que le Trésor français continue de gérer une partie minoritaire des réserves extérieures des pays de la zone Franc. Cette situation, Lionel Zinsou pense qu’elle peut être simplement aménagée.