La Nouvelle Tribune

Nomination au poste de Dc/Misc: Les trois raisons de la « punition » de Houndègnon

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On pourrait croire à la promotion pour un flic obéissant et serviable, mais erreur. La nomination du Général Louis Philippe Houndègnon comme Directeur de cabinet du Ministre de l’intérieur est une vraie « punition » dont les raisons sont de plus en plus connues.

Quitter un poste de Dg de la police nationale et atterrir à celui de Directeur de cabinet de son ministre de tutelle pourrait paraître à première vue comme une grande promotion. Surtout que le concerné est considéré comme un des hommes du Président de la République qu’il sert sans ménagement.  Mais rien de cela n’est la vérité. Selon nos investigations, Houndègnon a été sacrifié pour ses libertés à s’opposer au bon vouloir du souverain. De sources confidentielles, on susurre que le Chef de l’Etat lui en veut pour le laxisme qu’il a affiché ces temps-ci vis à vis des dernières accusations contre Talon. Selon le dessein présidentiel, le communiqué du Conseil des ministres accablant l’homme d’affaires revenu à peine d’exil dans plusieurs autres malversations est suffisant au patron des flics pour agir et pour l’arrêter à nouveau. Mais la volonté de Boni Yayi s’est heurtée à la prudence professionnelle de Houndègnon pourtant connu pour sa fougue. Suspect ! Qu’est-ce qui a pu changer le jeune flic fait Général et Dg/Pn jadis prêt à mettre en exécution les moindres désirs du chef ? Cette suspicion devrait être aggravée par un autre différend : le concours de recrutement de policiers.  Là aussi, c’est un autre Houdègnon qui s’est affiché. Ferme et rigoureux, il n’a guère cédé aux trafics d’influence et aux chantages des réseaux mafieux du Palais qui tiennent à imposer des listes de candidats non méritants ou n’ayant jamais fait de concours. Les corrupteurs ont poussé la barre si haute que seulement 200 places sur les 1000 prévus pour le concours seront réservées aux candidats méritants. Le reste, c’est les quotas réservés aux « enfants de… ». Là aussi Houndègnon n’a pas collaboré. Il est clair que dans un tel contexte, se faire proposer et nommer dans le comité de normalisation du football sur la liste de l’opposant Augustin Ahouanvoébla, l’opposant, est une situation aggravante.

Vite, les mouchards ont repris du service pour montrer au président Boni Yayi que son protégé flirte avec l’opposition et qu’il ne devrait plus continuer à bénéficier de sa confiance. C’est ainsi que le commissaire Didier Atchou, supposé proche du ministre Koutché, a été proposé et nommé. Houndègnon lui, doit aller s’ennuyer dans son bureau de Dc loin des réalités de la police qu’il aime tant. A 43 ans, il est sorti de sa corporation par celui qu’il aura servi avec parfois trop de zèle et qui l’a fait Dg et Général. Bonne leçon pour les zélés