La Nouvelle Tribune

PVI : Mathys Adidjatou démonte des contre-vérités du gouvernement

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Assaillie d’accusation de tout genre, l’ex-ministre de l’économie et  des finances, Mme Mathys Adidjatou est sortie de son mutisme  vendredi dernier par un point de presse pour apporter sa part de vérité dans les dossiers Pvi, sur-paiement de 2,7 milliards et subvention coton à hauteur 12,5 milliards.

Chiffres à l’appui, l’ancienne gardienne du portefeuille du gouvernement a dénoncé des contre-vérités non seulement du secrétaire général de la douane mais aussi du chef de l’Etat, le président Boni Yayi qui, à l’en croire, cherche vaille que vaille à ternir l’image de son ancien ami, l’homme d’affaires Patrice Talon.

Opprobre, contre-vérité, mensonge. C’est pathétique ! C’est méchant ! Mme Mathys Adidjatou ne trouve plus les mots pour qualifier les accusations contre sa personne qu’elle récuse vivement. Samedi, au cours d’un point de presse au Chant d’oiseau, l’ancienne ministre de l’économie et des finances du gouvernement Yayi est montée au créneau pour a-t-elle dit « apporter une parte de vérité dans les débats qui se mènent au Bénin depuis quelques jours ». Trois dossiers sont à l’ordre du jour. Dossier Pvi, dossier sur-paiement de 2,7  milliards et dossier subvention coton de 12,7 milliards. D’abord a-t-elle déclaré, « Même si deux amis, quelques soient leurs pouvoirs,  ne s’entendent plus, je crois qu’il ne faut pas mêler l’administration à la brouille. C’est ça qui crée la confusion » ajoutant « Bien de choses, se disent de certains cadres qui ont fait loyalement leur travail.  Ce qui se dit est bien conçu dans un laboratoire d’où ne sortent que des contre-vérités ».  

Pvi

Pour commencer, la ministre situe les périodes.  Elle rappelle avoir été nommée ministre de l’économie et des finances en mai 2011 et avoir pris fonction le 1er juin 2011. Bien avant, selon Mme Mathys Adidjatou, « tous les dossiers du Pvi, qu’il s’agisse du contrat de marché relatif à la mise en place du programme de vérification des importations, que du décret portant institution d’un Programme de vérification des importations de nouvelle génération et de l’arrêté portant application de ce  décret, tous ces textes ont été pris avant le 1er avril 2011» et  « Le Pvi a été mis en œuvre à compter du 1er avril 2011 ». Jusque-là  apprend elle, « je n’ai pas été impliqué à la conception, l’élaboration, la finalisation de  tous ces dossiers ».  Le travail était confié à une commission au sein de laquelle le chef de l’Etat avait lui-même, deux représentants, ces conseillers techniques à l’économie de  l’époque. Autre chose, rappelle la ministre « Le Pvi a été souhaité par le gouvernement et surtout par les Ptf qui rapportaient constamment qu’au port, l’Etat perd beaucoup d’argent ». C’est alors qu’a sa nomination, poursuit-elle, « le chef de l’Etat m’a dit dans son bureau, Mme je porte un point d’honneur à la mise en œuvre et à la réussite du Pvi, c’est la première mission que je vous confie ». A l’époque, la douane n’arrivait pas à atteindre les objectifs à elle fixée en terme de mobilisation de ressource sur deux ans, 2009 et 2010. Le Pvi commença. Au début, étaient les difficultés inhérentes liées aux résistances qu’engendre toute nouvelle réforme. « La mise en œuvre du Pvi a engendré beaucoup d’énormes difficultés » a-t-elle reconnu. Ça n’étonnerait pas les Ptf qui avaient prévenus qu’il s’agissait d’«une réforme lourde qui provoquerait des résistances ».

S’en sont suivies, plusieurs séances de travails avec les différents acteurs impliqués et des solutions ont été trouvées pour aplanir les difficultés  par des mesures d’assouplissement. Dès lors les fruits ont commencé par apparaître. « A un moment donné, le Pvi avait commencé à combler les espoirs » dit Mme Mathys.  A compter du mois de décembre les réalisations des objectifs ont  commencé non seulement à être atteintes mais à  être dépassées.  Il faut laisser les chiffres parler d’eux-mêmes, propose la dame : « En décembre 2009 une réalisation mensuelle de 29 milliards 497 millions contre une prévision mensuelle de 29 milliards 188 millions. En janvier 2012, une réalisation de 25 milliards  198 millions contre une prévision de 24,5 milliards.  Au de février, une réalisation de 26 milliards 568 millions contre une prévision de 23, 8 milliards. Même performance relevée jusqu’au début d’avril 2012 ». Puis patatras !  « C’est en ce moment  que j’ai constaté que le président de la république, mon chef qui m’a poussé à la mise en œuvre du Pvi  avait commencé par faire marche arrière hors nous avions en ce moment dit ensemble que le Pvi  est un véhicule sans marche-arrière ». Elle s’était opposée à aller dire des contre-vérités contre le Pvi comme le voulait le chef de l’Etat dont les raisons sont inavouées. La ministre dit que la remise en cause du Pvi sous prétexte qu’il n’y avait plus de ressources au niveau du trésor, est fausse. « Je dis non !...c’est une contre-vérité ! ». Pour elle, c’était « surannée ». Paf ! On l’accuse d’avoir soutenu Talon à qui elle  s’opposait pourtant. « J’ai la conviction que c’est la brouille entre M. Patrice Talon et son ancien ami, le chef de l’Etat qui est à l’origine de mon départ du gouvernement » assure l’ex-ministre. Dans la même veine, a-t-elle révélé, ses détracteurs racontent qu’elle a une part dans la société Benin-Control et qu’elle a fait recruter sa fille Nadia qui gagnerait 4 millions par moi. Faux, rétorque-t-elle : « Je ne détiens aucune part dans Benin-Control, tout le dossier était bouclé avant que je ne prenne fonction ».  Fiche de paye de sa fille à l’appui, elle montre que Nadia ne gagne que 346.154 F Cfa. C’est des montages.

Sur-paiement, subvention coton 12,5 milliards

On l’accuse d’avoir orchestré un sur-paiement au profit de M. Patrice Talon. Mme Mathys clame son innocence et clarifie. Au contraire, elle assure que c’est Talon qui a délibérément signalé le sur-paiement occasionné par l’administration douanière qu’elle accuse de lui avoir caché l’information. « J’ai reçu la lettre de M. Talon qui m’informait du sur-paiement  de près de 2,6 milliards.  Rapidement j’ai appelé l’inspecteur général finances à qui j’ai dit qu’il y a une situation grave au niveau de la douane port » apprend –elle. Et dès que Talon a retourné le montant, indiqué, elle reconnaît lui avoir adressé une lettre d’accusée de réception comme cela se doit. « J’ai écouté le Sg du syndicat de la douane, ça m’a fait un peu mal. La douane c’est une grande administration et le  Sg doit être un homme qui ne raconte pas n’importe quoi.  Si le  président lui dit ''vas dire'' et il le fait, il va apprendre ça à ses dépens » assène celle qui était collaboratrice de Boni Yayi. A propos de la subvention coton de 12,5 milliards, elle a aussi démontré qu’elle n’y est pour rien. « Je n’ai rien signé » a-t-elle assuré