La Nouvelle Tribune

Conférence Nationale de février 1990 : discours de clôture de Mathieu Kerekou

Espace membre

Fermement résolu à assumer les exigences incontournables de l’histoire nouvelle de notre jeune nation, et à promouvoir un véritable renouveau démocratique susceptible de garantir la conjugaison heureuse de toutes les potentialités et de toutes les énergies créatrices de notre peuple, pour juguler la crise et assurer le redressement de l’économie nationale par la mise en œuvre victorieuse de notre Programme d’Ajustement Structurel, nous avons pris toutes nos responsabilités en connaissance de cause en conviant les représentants de toutes les forces vives de notre pays, sans considération de leurs sensibilités politiques, à une conférence nationale visant à établir par le dialogue, la concertation et la concorde un consensus dynamique et constructif à la mesure des légitimes et profondes aspirations du peuple béninois tout entier.

Neufs jours durant, de jour comme de nuit, les échos sonores de vos larges et profonds débats retransmis en direct sur nos antennes ont permis à l’opinion nationale, africaine et internationale de se mettre au diapason des préoccupations exprimées et des solutions préconisés par les uns et les autres dans cette salle.

En cette séance solennelle de la clôture officielle des travaux de la conférence nationale, nous voudrions remercier et féliciter vivement tous les délégués qui n’ont ménagé ni leur forces, ni leurs santé pour faire en sorte que l’impasse soit évitée et que les espérances du peuple béninois ne soient pas déçues. Aussi voudrions-nous une fois encore vous dire combien nous nous réjouissons de l’enthousiasme avec lequel vous avez massivement répondu à notre appel et de l’ardeur avec laquelle vous avez travaillé sans désemparer durant neuf jours et souvent tard dans la nuit. Nous tenons également et surtout à féliciter notre présidium et plus particulièrement l’homme de piété qui a présidé vos travaux, Son Excellence Mgr Isidore de Souza ici présent. Nous lui rendons un vibrant hommage pour son courage, sa patience, sa sensibilité et sa fermeté, et surtout pour sa lucidité et sa clairvoyance, toutes qualités rares chez le commun des mortels, qualités avec lesquelles il a réussi à gérer toutes les contradictions concentrées au sein de la conférence. Tous ces remerciements s’adressent aussi à tous les anciens présidents que nous ne considérons pas, en ce qui nous concerne, comme des délégués à la conférence, mais nos invités de marque.

Le renouveau démocratique qui vient d’être consacré au niveau de la conférence ouvre la voie d’une nouvelle légitimité dans notre pays, le Bénin. Commander, c’est prévoir, dira l’autre. Et c’est pourquoi à l’ouverture des travaux de cette conférence, lundi 19 Février 1990, nous avons dit que nous étions pleinement conscient des conséquences et de toutes les implications qui découleront de vos travaux. Nous ne sommes pas surpris et nous sommes donc calme parce que nous nous y attendons, mais dans un cadre plus respectueux que celui que nous avions vécu à certains moments. Dieu merci, la solution a été trouvée grâce au président du présidium.

Aujourd’hui mercredi 28 février 1990, nous prenons à témoin le peuple béninois tout entier en affirmant solennellement notre engagement à faire mettre en œuvre de manière réaliste toutes les décisions issues des travaux de la conférence nationale des forces vives de la nation.

Excellences, Mesdames, Messieurs, au nom de l’intérêt supérieur de la nation et du peuple béninois tout entier, nous disons que les décisions prises par la conférence seront appliques dans l’ordre et la discipline librement, consentie. Ce n’est pas du défaitisme, ce n’est pas la capitulation, c’est une question de responsabilités nationale

Mathieu Kérékou