La Nouvelle Tribune

Gestion du Bénin et 2016 : Francis da Silva parle d’un impitoyable tandem Yayi-Talon

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Affublé de sa double casquette d’opérateur économique et d’homme politique, président du parti Ipd, Francis da Silva invité sur ‘’Soleil Fm’’, a parlé dimanche  d’un impitoyable tandem Yayi-Talon  dont il a été victime ces dix dernières années et qui dans une connivence inavouée  veut avoir la main mise sur l’appareil étatique du Bénin avec la candidature annoncée  du richissime homme d’affaires Patrice Talon  à la présidentielle de 2016.

Talon, candidat de Boni Yayi ! Francis da Silva l’envisage. Invité ce dimanche sur ‘’Soleil Fm’’,   l’opérateur économique et président du parti Ipd a parlé d’un impitoyable tandem Yayi-Talon en marche depuis son avènement au pouvoir en 2006. Et malgré les rocambolesques affaires dites d’empoisonnement et de tentative de coup d’Etat qui ont opposé le président Boni Yayi et le richissime homme d’affaires revenu d’un long exil  jeudi dernier, celui-ci, à en croire Francis da Silva, a encore  les faveurs du Président de la République.  Reçu en audience  par le président Boni Yayi vendredi dernier, il dit avoir « l’impression que le chef de l’Etat couvre Patrice Talon ».

Victime du tandem Yayi-Talon

Influent opérateur économique, importateur et distributeur d’intrants agricoles au même titre que Patrice Talon, Francis da Silva affirme avoir lui aussi contribué à l’élection de Boni Yayi qui était dit-il, « mon champion ». Mieux, il mouillait le maillot bien avant Patrice Talon qui se serait signalé comme important soutien du candidat Yayi qu’à six mois de la présidentielle 2006.  Seulement, une fois élu, le chef de l’Etat est tombé sous le contrôle de Talon. Dès lors,  assure  M. da Silva, « le maître à penser  du chef de l’Etat est Patrice Talon ». En 2006, le premier gouvernement était selon lui formé, de « 80% » de ministres de Talon qui aurait encore des hommes de mains  actuellement dans les sérails du chef de l’Etat. Le tandem qui s’est formé depuis ce moment s’est révélé impitoyable dans la gestion des affaires du pays. « On m’a mis en chômage technique. Je me définis comme la première victime de tout le système qui a été mis en place » déclare M. da Silva ajoutant que « le chef de l’Etat a l’art de la confusion ».  Si Francis da Silva se sent floué, c’est beaucoup plus dans la gestion de la filière coton.  Il assure que toutes les structures de gestion de l’or blanc étaient sous « la dominance » de son concurrent direct qu’était M. Talon dont  la méthode dit-il est « tout pour lui, rien pour les autres ».  Dans cette profession où l’unité de compte est le milliard, Francis da Silva dit qu’il a été « réduit à néant » avec des dettes jamais impayées que l’Etat  lui doit.

Règlement de compte ?

Avoir un homme d’affaires à la tête du Bénin en 2016, Francis da Silva le souhaite. Pour lui, les opérateurs économiques sont plus à même de diriger le pays.  Mais il ne  semble pas être favorable à Patrice Talon à qui il reproche d’avoir « violé beaucoup de principes » en affaires. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, est une affaire de coup de fil. « J’ai dit à Patrice Talon de  me faire l’amitié de m’appeler à son arrivée. Il ne l’a pas fait » regrette-t-il. A présent que les exilés politiques rentrent au pays, Francis da Silva souhaite aussi le retour dans les caisses de l’Etat, des « milliards qui se sont évaporés »