La Nouvelle Tribune

Michel Adjaka met à nu les manœuvres régionalistes de Yayi

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La conspiration, le clientélisme et le népotisme sont en cours d’être orchestrés par le gouvernement autour de l’organisation du concours des auditeurs de justice.  En violation de tous les textes, Michel Adjaka dénonce ce coup de force ce dimanche 27 septembre lors de son passage sur «zone franche».

L’organisation du concours des auditeurs de justice suivant les régions n’est  pas du goût du président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), Michel Adjaka. Et c’est justement pour cette raison qu’il a tenu à éclairer l’opinion publique sur la guéguerre autour de ce recrutement. Ainsi, ce dimanche 27 septembre sur l’émission «zone franche», le juge a levé un coin de voile sur le flou et les manœuvres purement clientélistes que le gouvernement orchestre autour de ce recrutement.

En effet, le magistrat a montré dans un premier temps en quoi l’arrêté interministériel du 17 juin 2015 viole le statut du conseil supérieur de la magistrature. Dans ledit arrêté, les conditions de l’organisation du concours de recrutement des auditeurs de la justice ne sont pas conformes aux dispositions de l’arrêté du 4 mai 2004 portant corps de la magistrature au Bénin. Dans un second temps, il fait comprendre que l’arrêté du 17 juin dernier écarte l’Unamab et le ministère de la justice de leurs rôles dans l’organisation du concours. Et par surcroît, cet arrêté intègre les ministères des enseignements maternel et secondaire en plus du ministère de l’économie dans de le processus de l’organisation.  Une disposition bien contraire à la loi organique portant corps de la magistrature, selon le juge Adjaka. «Au lieu de trois signataires, le gouvernement en a imposé un quatrième», explique t-il. Une situation qui frise le régionalisme car les ministres intégrés de force dans le processus viennent d’un même milieu, le Nord. Il doute ainsi du caractère sérieux qui est fait autour de ce sujet et redoute des dispositions taillées sur mesures pour favoriser un groupe précis de candidats. Enfin, il annonce le renouvèlement tacite de la grève jusqu’à satisfaction.

La question des quotas

«La transparence, la probité et la compétence sont caractéristiques du corps de la magistrature» a martelé le syndicaliste Adjaka à propos de la question des quotas. Vu les manœuvres dont le gouvernement fait feu de tout bois pour  atteindre son objectif, Michel Adjaka  redoute le tripatouillage des résultats du concours. Mieux, il fait comprendre que l’Etat doit assurer l’égalité des citoyens devant la loi. Il ne comprend pas pourquoi le gouvernement Yayi veut  à tout prix organiser un concours sur la base des régions. Un forcing qui confirme les doutes et remet en question la sécurité autour du concours. Par rapprochement, le magistrat a mentionné quelques propos du président Yayi Boni qui aurait dit que les «siens»  ne sont pas magistrats. Il déclare que ces mêmes propos ont été déjà tenus par ses proches collaborateurs à savoir le député Débourou, Arifari Bako et le ministre Alassane Soumanou. Selon Michel Adjaka, le chef de l’Etat après le non- lieu prononcé par le juge Angelo Houssou dans l’affaire tentative d’empoissonnement et coup d’Etat puis son échec dans le dossier du retrait le droit de grève aux magistrats, veut reformer la maison justice afin d’imposer sa dictature de développement en complicité avec les «siens». Par ailleurs, il prévient le gouvernement que s’il s’entêtait à organiser le concours, le corps des magistrats promet une carrière de calvaire et d’enfer aux nouvelles recrues.  

Maintenir la veille citoyenne

Afin de sauvegarder les acquis démocratiques chers au peuple béninois et sauver le pays des jougs du pouvoir Yayi, le juge Adjaka a lancé un appel à la veille citoyenne. Une veille qui consistera à ne pas baisser les bras et continuer la bataille au quotidien. Se prononçant sur la décision Dcc 15-156 de la Cour, le magistrat dit attendre la Cour Holo au carrefour, surtout sa réaction après le dépôt des candidatures qui ne respecteraient pas les 40 ans requis. En effet, la décision de la Cour met en cause la question. La question de l’année entamée égale année due, fait tâche d’huile dans l’opinion publique. Le juge fait comprendre que la rumeur selon laquelle la décision Dcc 15-156 ne compromettait pas l’article 44 de la Constitution, n’engage que ceux qui l’invoquent