La Nouvelle Tribune

Parakou : comment le maire Karimou Souradjou veut mettre à mal le développement de sa ville

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Les événements survenus à Parakou le week-end dernier présagent d’un climat de tension au sein du Conseil municipal, si le tout nouveau maire Karimou Souradjou ne revoit au plus vite sa copie. Puisque l’acte qui risque de mettre à mal la bonne ambiance au sein du Conseil est celui qu’il a posé le week-end dernier : l’interdiction d’une activité liée à l’homme d’affaires Patrice Talon, plus que probable candidat à l’élection présidentielle de 2016.

Dimanche dernier devrait se tenir à Parakou le lancement du «Fan Club Patrice Talon». Initialement prévu pour se dérouler au Coteb, l’évènement a dû être déplacé dans un lieu privé.  Et pour cause, il a été interdit par les autorités municipales. Ces Dernières ont fait déployer autour du bâtiment des forces de l’ordre afin d’empêcher les organisateurs et participants à l’activité prévue d’y avoir accès. Pourtant, le président national du « Fan Club Patrice Talon » est Charles Toko, lui-même conseiller municipal de la cité des Kobourou. Mieux, nos sources renseignent que les organisateurs de l’activité ont mené toutes les démarches administratives pour informer les autorités municipales. En effet, pour respecter l’administration et l’autorité du maire, les organisateurs, avec à leur tête Charles Toko, ont pris toutes les dispositions afin que ladite manifestation soit une des plus légales. La correspondance signée du conseiller municipal en question et envoyée à titre informatif au maire comme le recommande la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, a suivi la procédure normale. Et pourtant, sous un prétexte digne d’une volonté de n’écouter qu’un seul courant de pensée, comme cela s’observe depuis 2006 avec l’avènement du régime du changement, aucune suite favorable n’a été donnée à ladite correspondance.

Contradiction

En posant un tel acte, le maire Karimou Souradjou contredit son discours d’investiture puis met à mal la cohésion au sein du Conseil communal ; par ricochet les projets de développement de la cité des Kobourou. Pour rappel, pour être porté à la tête de la troisième commune à statut particulier du Bénin, Karimou Souradjou, a bénéficié du soutien total de tous les camps politiques, y compris l’Alliance Soleil dont est issu Charles Toko. Le Conseil communal de Parakou reste à géométrie variable. Ils sont 16 conseillers des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) contre 08 de l’Alliance Soleil et 01 de l’Alliance pour un Bénin triomphant. Une source bien introduite a confié que l’image d’union que présentent les conseillers Fcbe est une apparence trompeuse. Les manœuvres politiques et autres ruses pourraient être préjudiciables au maire et au développement de la ville.

Dans son discours de prise de fonction, le locataire de l’Hôtel de ville a invité les populations à s’associer à tout le conseil municipal pour répondre aux exigences de la décentralisation. De façon solennelle, Karimou Souradjou a demandé aux uns et aux autres de taire les querelles pour travailler et faire de Parakou, une ville de référence pour la sous-région. Mais, quelques jours plus tard, le maire montre au grand jour, sa face cachée en interdisant une manifestation de la jeunesse. Comment le maire Karimou Souradjou qui a pris l’engagement de doter la ville d’un document stratégique qui viendrait compléter le Plan de développement municipal,  plan 2è génération élaboré par l’équipe de Soulé Allagbé peut-il réussir à le faire sans les autres forces politiques ?

Comment peut-il mettre en œuvre ses actions de développement sans la jeunesse, qui constitue le fer de lance de tout développement ? La ville de Parakou, de par son caractère cosmopolite, a besoin de la contribution de tous, mouvance et opposition et sans régionalisme pour enfin amorcer son véritable développement. Malheureusement, le remplaçant de Soulé Allagbé vient de violer son engagement en refusant à un autre courant de pensée, les partisans du probable candidat, Patrice Talon de manifester et d’appeler leur leader à se porter candidat pour la présidentielle de 2016. Cette attitude de l’autorité municipale  est simplement déplorable. Le maire Karimou Souradjou doit revoir sa copie.