La Nouvelle Tribune

Boucle ferroviaire: les organisations pour les rails modernes dénoncent un «funeste» contrat

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Le comité de suivi des organisations pour les rails modernes au Bénin présidé par le Professeur Philippe Noudjènoumè était, hier jeudi, face à la presse. Objectif : alerter l’opinion nationale et internationale sur le danger que représente les rails «obsolètes» de 1910 et à écartement métrique que s’apprête à installer le groupe Bolloré.

La signature du contrat de concession de la construction de la boucle ferroviaire Cotonou-Niamey avec le groupe français Bolloré le 13 août dernier est un acte gravissime. Elle viole les normes nationales et internationales en vigueur. C’est ce que pensent le comité de suivi des organisations pour les rails modernes au Bénin récemment mis en place et présidé par le Professeur Philippe Noudjènoumè. A la faveur d’une conférence de presse qu’il a animée dans l’après-midi d’hier, jeudi 3 septembre 2015, à la Bourse du travail à Cotonou, le Professeur Noudjènoumè est revenu sur l’historique de la concession de la boucle ferroviaire au groupe français et fait remarquer que Bolloré ne saurait être adjudicataire du projet car n’ayant soumissionné à l’appel d’offre. Mieux, les offres techniques de l’entreprise française, à en croire le conférencier, ne respectent  pas les normes standards. Les rails que propose le groupe de Vincent Bolloré datent de 1910 et ont un écartement métrique contrairement à l’écartement standard de 1,435 mètre.

Ainsi, le projet, « si réalisé, selon le président Noudjènoumè, retardera notre pays pour des générations ». Car, il isolerait le Bénin ainsi que les autres concernés par le projet, des autres pays de la sous-région. Avec les rails de « réemplois de 1910 », le Bénin dépendrait pendant de longues années encore, de la bonne volonté de Bolloré.

Pour le comité de suivi des organisations pour des rails modernes, l’une des conséquences de ce projet, outre le danger qu’il représente pour la population des pays, serait plusieurs années de dette des Etats, et ce, pour des infrastructures de mauvaise qualité.

C’est pour cette raison, qu’après avoir déclaré le contrat de concession nul et de nul effet, le comité appelle à la synergie de tous pour combattre par tous les moyens ce projet qui avait d’ailleurs été attribué à une autre entreprise qui s’était pourtant engagée à construire des rails modernes.