La Nouvelle Tribune

Immunité de Kassa : mouvance et opposition ne s’entendent pas

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L’émission ‘’Débat du dimanche’’ de la télévision nationale hier s’est penchée sur les raisons du rejet de la levée de l’immunité de Barthélémy Kassa. Et pour éclairer l’opinion publique, Joseph Djogbénou président de la Commission des Lois, Abdoulaye Gounnou député de la mouvance présidentielle et Gustave Assah, membre de la société civile étaient les invités de l’émission.

Les trois invités ont tenté d’apporter des éclairages sur le vote des députés. Pour le député Gounnou, le député Kassa peut être entendu comme témoin. Ce que réfute son collègue Djogbénou qui explique que pour permettre à la justice de faire son travail, il eut fallu lever l’immunité. Car, écouter quelqu’un comme témoin c’est que la police judiciaire ou la justice est capable de mettre cet individu en examen.

Le député de la mouvance Gounnou trouve ensuite que les conditions minimales pour lever l’immunité ne sont pas remplies. Il estime que les huit chefs d’accusations ne répondent pas au règlement intérieur de l’Assemblée nationale. «Pour quelle infraction veut-on écouter le député Kassa?», s’interroge le député. Le président de la Commission des Lois Djogbénou bat en brèche cette argumentation.

Il précise que les actes incriminés sont des détournements de fonds publics. Mieux, l’Assemblée nationale a fait une sorte d’immixtion dans le pouvoir judiciaire en interprétant les demandes du ministre de justice et du procureur de la République comme un juge. Alors, il tire la conclusion qu’il y a des choses dans ce dossier qu’on veut cacher.

Ce que soutient aussi Gustave Assah qui estime que la meilleure manière de blanchir Barthélémy Kassa est qu’il aille devant la justice. Il pourra montrer les forages et puits qui ont été réalisés et qu’on exhibe sur la télévision nationale. Il conclut en disant que les députés ont déçu le peuple béninois. Le député Djogbénou précise que ce sont les députés de la mouvance qui ont voté contre. Il relève que c’est la première fois en près de 10 ans que la majorité parlementaire s’oppose à leur chef Boni Yayi. Mieux, dans les quatre groupes parlementaires de la mouvance, personne n’a relevé au président que son dossier est mal conçu et l’envoyé comme tel à l’Assemblée nationale n’est pas normal. Abdoulaye Gounnou explique qu’il y a peut-être eu un déficit de communication entre le chef et sa majorité parlementaire mais il conclut que ce refus est la preuve que l’Assemble nationale n’est pas une caisse de résonnance de Boni Yayi