La Nouvelle Tribune

Sortie médiatique de Patrice Talon : les populations partagées entre satisfaction et déception

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Annoncée à grands renforts médiatique, l’interview du richissime homme d’affaires Patrice Talon, diffusé sur quelques chaines privées de télévisions locales ce lundi 17 août, laisse perplexe bon nombre de Béninois même si d’autres affichent leur satisfaction. Un tour dans la ville de Cotonou et environs, et l’on s’aperçoit que les attentes des citoyens sont énormes et diverses.  

Quelques citoyens se prononcent

Séraphin Dandjesso, étudiant en droit

«A propos de l’interview de Patrice Talon, j’ai compris deux points qui m’ont marqué. Ce que les Béninois attendaient, ce n’est pas ça. Patrice Talon a caché certaines vérités surtout sur la question de tentative d’empoissonnement. Mais j’ai vu un Patrice qui n’est plus un homme d’affaires mais plutôt un politicien de bon teint. Mais les reformes qu’il a eu à énumérer, semble être les mêmes que celles de Yayi. Il opte pour la révision de la Constitution. Il a tenu des propos que j’ai aimés, surtout quand il a parlé de sa souffrance dans cette histoire de tentative d’empoissonnement. Mais quand il affirme avoir pardonné à Boni Yayi, on laisse le temps au temps pour voir si c’est une vérité»

Jacques Ayadji, syndicaliste et président du mouvement Marib

«Mon sentiment global se résume en deux mots: déception et désolation. D’abord aux hommes de la presse missionnés pour flouer encore une fois tout un peuple en lui proposant d’acheter du poison à consommer. S’agissant de l’intervention de monsieur Patrice Talon, une déclaration a retenu mon attention. Patrice Talon trouve que le second mandat de Boni YAYI était de trop mais en même temps, confesse qu’il a mis ses moyens à contribution pour la conquête de ce second mandat. Bizarre, n’est-ce pas? Etait-ce pour ses intérêts exclusifs et égoïstes qu’il avait agi ainsi? Pour empocher par exemple sous le dos du peuple, le programme de vérification des importations (PVI) en pleine campagne électorale? J’ai été surpris de constater que mes deux amis journalistes n’aient pas pu lui demander sa partition dans la suppression anti-constitutionnelle et en procédure d’urgence du droit de grève aux douaniers pour protéger le Pvi pour 16 ans»

Félix Guezo, revendeur  

«Je suis très content de voir Patrice Talon parler aux journalistes. Il a quitté le pays maintenant, cela fait un bon moment. Et on l’attendait qu’il nous parle de sa candidature. Oui, je n’attendais que cela,  mais  lorsque j’ai allumé la télé et suivi l’émission ça m’a  fait plaisir, même si il n’a pas été précis sur cette question»

Mathias Hounkpè, politologue

«Finalement, M. Patrice Talon s’est exprimé. C’est vrai qu’il est resté plus que vague sur les intentions qui lui sont prêtées dans les médias depuis quelques temps de vouloir briguer la magistrature suprême en 2016. C’est vrai également que c’est son droit d’aspirer à n’importe quelle position au Bénin au même titre que n’importe quel autre citoyen de notre pays.

Pour le moment, s’il y avait quelques doutes en moi, l’avoir écouté m’a conforté dans l’idée que Patrice Talon sera plus utile pour lui-même et pour le Bénin en restant ce qu’il est , c’est-à-dire un business man pure et dure, et en faisait ce qu’il a montré savoir faire le mieux, le business. J’y reviendrai.»

Paul Sossou, technicien en menuiserie industrielle

«Je suis satisfait parce que depuis trois ans, on s’attendait à une telle interview et finalement on a vu Monsieur Talon bien portant. Et il a bien parlé. Il a répondu en majorité aux questions  d’actualités, mais moi je m’attendais à la question de souche déchirée à Abomey. Les journalistes n’ont pas abordé ce sujet»

Solevo Aubin, comptable

«Par rapport au débat, moi je suis resté sur ma faim. Il n’a pas répondu aux attentes des téléspectateurs. Au lieu de répondre aux questions des journalistes, M. Patrice Talon ne faisait que contourner les questions. Au lieu de répondre par oui ou par non à une question, il s’est contenté de dire autre chose. Vraiment, je suis resté sur ma faim. Je voudrais mieux»

Paulin Cakpo, commerçant

«Selon moi, le peuple attendait que Patrice parle longtemps mais hélas. Il a été trop court. Ce que j’ai aimé, c’est qu’il a dit avoir pardonné le Chef de l’Etat. Les journalistes lui ont posé beaucoup de questions, surtout sur ses ambitions d’être candidat  à la prochaine élection présidentielle ou non. Mais il n’a pas dit la vérité. Ce la m’a déçu. Normalement, il devrait nous dire franchement si oui ou non, il sera candidat. Ce que j’ai plus aimé, c’est quand Patrice Talon a parlé des reformes. J’ai retenu un point. Que le président de la république ne soit plus au dessus des présidents des nos différentes institutions»