La Nouvelle Tribune

Conseils communaux et municipaux : les batailles de Cotonou et Calavi ont lieu ce jour

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Entamée lundi, l’installation officielle des conseillers communaux et municipaux, élus lors du scrutin du 28 juin dernier, se poursuit ce jeudi, pour prendre fin demain vendredi 31 juillet. Les conseils de toutes les communes des départements de l’Atlantique et du Littoral seront installés ce jeudi.

Les regards des observateurs de la vie politique béninoise seront particulièrement tournés vers deux localités : Cotonou et Abomey-Calavi. Dans ces deux communes, les jeux restent ouverts et la bataille s’annonce âpre et très stratégique.

A Cotonou, tout le monde se demande si la Rb, prise en sandwich par le Prd et l’Union fait la Nation, arrivera à tirer son épingle du jeu pour conserver le poste de maire. Léhady Soglo pourra-t-il succéder à son père à la tête de la vitrine du Bénin ? En effet, cette première ville à statut particulier compte 49 conseillers municipaux. Selon le code électoral, le maire doit être issu du parti ayant obtenu la majorité absolue des sièges. A Cotonou, cette majorité équivaut à 25 conseillers. Cependant, aucun parti n’a pu réaliser ce score. Le résultat donne 21 conseillers pour l’alliance Rb-Rp (Renaissance du Bénin et Réveil Patriotique), 13 pour Prd, 10 pour l’Un, 4 pour les Fcbe et 1 pour ReseoAtao. La Rb, qui est à quatre longueurs de la majorité absolue, part favori. Seulement, tout va se jouer dans les compromis.

La situation est quasi-identique à d’Abomey-Calavi. Dans la commune dortoir, les jeux sont encore plus serrés qu’à Cotonou. Abomey-Calavi compte 37 sièges de conseillers. La majorité absolue fait 19. Là-bas, l’alliance Rb-Rb a 13 sièges contre 5 pour l’Un et 1 pour le Prd. L’And de Valentin Houdé et les Fcbe sont à égalité, avec 9 sièges chacun. Le maire sortant, Patrice Hounsou Guèdè de la liste And, sollicite un deuxième mandat. Il aura comme principal challenger, Georges Bada de l’alliance Rb-Rp ; trois fois élu député de la sixième circonscription et actuellement deuxième questeur de l’Assemblée Nationale. On apprend, qu’il pourrait y avoir un troisième larron, en la personne de Félix Adimi des Fcbe. L’élection des maires, ce jour, à Cotonou et Abomey-Calavi constitue donc un ensemble d’équations à plusieurs inconnues. Elle tient sur le fil du rasoir

Des négociations difficiles pour la Rb

Pour une première fois depuis 2003, c’est dans les négociations que la Rb va devoir aller chercher son maroquin de la mairie de Cotonou. Secoué de droite à gauche par le Prd et l’Un, le parti n’a pu obtenir après les dernières élections communales la majorité de conseillers pour diriger la ville. Mais les exigences et les ambitions de ses alliés rendent ces négociations assez malaisées pour le parti. La mission avait parue dans un premier temps facile puisqu’il suffisait au président Lehady Soglo d’aller chercher du côté du Prd, de l’Un ou même des Fcbe 4 conseillers. Mais une fois entré dans les négociations, il s’est rendu compte de la complexité  et des méandres des tractations rendues difficiles par les relations assez froides entre le Prd et la Rb et aussi la proximité de l’élection présidentielle. Le contrôle de la mairie d’Abomey- Calavi a aussi pesé sur les tractations pour la ville de Cotonou. Au finish, précisent plusieurs sources proches des négociations, Lehady Soglo devrait être élu maire de Cotonou ce jour mais avec un handicap .Il le sera au nom d’une coalition composée de la Rb mais aussi du Prd et de l’Un. Ceci aurait été une exigence du président Houngbédji, qui aurait exclu tout accord de son parti avec les Fcbe. Ceci dit,  le bloc Prd-Un avec ces 23 conseillers ne peut pas contrôler la mairie et a donc besoin d’associer la Rb. Mais ce bloc se montre plus exigent sur d’autres plans et réclamerait le poste très stratégique et juteux de premier adjoint qui est celui qui s’occupe de la passation des marchés publics à la mairie. Le bloc exige aussi des postes importants de l’administration comme ceux de secrétaire général, des Directeurs des affaires économiques et des services techniques. En un mot, la coalition donnerait le poste de maire à Lehady Soglo mais l’affaiblirait en le privant des postes techniques dont il a besoin pour être fort. Même les interventions du président Soglo n’auraient pas encore facilité les choses. Les négociations ont continué dans la nuit et ce matin pour harmoniser les points de vue