La Nouvelle Tribune

Orou Sé Guéné victime de la cabale de Yayi contre l’alliance ABT

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Condamné le 2 décembre 2014 à six mois d’emprisonnement ferme pour pression sur magistrat et outrage à magistrat, Orou Sé Guéné a été arrêté aux premières heures de ce mercredi et conduit à la prison civile de Parakou.

Une arrestation qui intervient deux jours après son élection au poste de maire de Kalalé sur la liste  de l’alliance ABT, une formation politique qui subit depuis des mois un acharnement de la part du pouvoir. Difficile de ne pas  voir derrière cette arrestation une énième preuve de persécution contre Abdoulaye Bio Tchané.

Alors que le tribunal de Parakou a prononcé la condamnation de  six mois d’emprisonnement ferme contre Orou Sé Guéné, l’intéressé est resté libre de ces mouvements malgré l’échec de toutes les voies de recours devant la  cour d’appel et la cour constitutionnelle.  Député des Forces cauris pour un Bénin émergent  et grand soutien du chef de l’Etat  au moment des faits, l’homme a fini par tourner dos au pouvoir. Ainsi, il s’est présenté aux dernières élections législatives sur la liste Union du Bénin (UB) avant de rejoindre l’alliance ABT pour les communales. Si la première alliance ne lui a pas porté chance, Orou Sé Guéné a été élu conseiller puis maire de Kalalé,  il y a 72 heures, sur la liste de la seconde. Et c’est ce choix qui lui vaut en ce moment des ennuis. Les réelles motivations du moment de son emprisonnement résident dans cette succession de faits politiques. Non seulement, l’ancien député quitte le navire cauris mais  rallie  l’alliance ABT, que la famille politique du chef de l’Etat s’évertue depuis des longs mois à anéantir.

Sé Guéné fait les frais de son ralliement à ABT

Les deux dernières élections, les législatives du 26 avril et les communales du 28 juin, ont mis à nu et à la face du monde, les manœuvres du pouvoir pour freiner l’ascension de l’alliance Abt.  Entre les deux consultations électorales, le Chef de l’Etat s’est  rendu en personne à Manigri, commune de Bassila, un ancien fief des Fcbe, tombé aux mains de l’alliance Abt pour s’en prendre vertement au député Affo Tidjani, à qui il reprochait son soutien à Adrien Houngbédji, pour le contrôle de la présidence de l’assemblée nationale. Les propos du Président de la République avait été d’une violence telle qu’ils ont suscité l’indignation de la classe politique dans son ensemble et de la société civile. Dans la foulée, il a déployé une horde de militaires solidement armée dans la localité, pour intimider les militants de cette alliance et les empêcher de se rendre aux urnes le 28 juin pour les élections communales.

En dépit  de cette militarisation, les populations de Bassila ont massivement porté leur choix sur l’alliance Abt, qui est arrivé majoritaire en voix et en nombre de conseillers. Mais à la surprise générale,  dans l’arrondissement de Manigri où elle a eu 150 voix de plus que les Fcbe, la Céna dans sa proclamation des résultats,  a attribué deux sièges à chacune des  deux alliances. Un cas de figure impossible au regard  des dispositions du code électoral, qui ne prévoit qu’un partage égalitaire des sièges qu’en cas d’égalité parfaite de voix entre deux partis ou alliances de partis politiques. La situation est restée inchangée  jusqu’à ce jour, mais le calvaire de l’alliance ABT  s’est poursuivi. Wallis Zoumarou, un de ces élus au parlement a subi un lynchage d’une partie de la presse lui reprochant d’avoir voté contre la ratification d’un accord de prêt devant conduire à l’octroi d’eau potable dans la commune de Parakou.

Cette suite d’évènements tend à confirmer les analyses selon lesquelles  l’alliance ABT est devenue gênante pour le pouvoir en place. Avec deux députés au parlement et 56 conseillers communaux malgré les fraudes massives qu’elle a dénoncées à Parakou, Copargo, Bassila, Pehunco , Djougou et Natitingou, elle a remis en cause l’hégémonie des Fcbe dans le Nord sans oublier  qu’elle continue son enracinement au Sud du Bénin. Une montée en puissance qui contrarie les plans du chef de l’Etat dont la rancune  est tenace contre le Président Abdoulaye Bio Tchané. Aujourd’hui il digère encore moins  que des ténors Fcbe  rejoignent ce leader politique, que tout promet à un bel avenir politique d’ici quelques mois. Sans oublier que cela fait partie des habituelles mauvaises stratégies du pouvoir pour camoufler certains scandales qui l’éclabousse ; une forme de diversion pour détourner l’attention du scandale d’évaporation  de huit milliards de francs Cfa des Hollandais dans le PPEA-2.