La Nouvelle Tribune

Etablissement de la Lépi

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Boni YayiYayi crée une nouvelle tension
Le gouvernement du président Boni Yayi semble faire fi des préalables à régler, avant la mise en œuvre de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Ce faisant, il y a des risques de tensions politiques si le chef de l’Etat n’y prend pas garde.

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Le gouvernement seul peut-t-il décider de l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) ? La réponse à cette question est la négative. Ainsi en voulant procéder de manière unilatérale à l’élaboration de cette base de données pour l’organisation de l’élection présidentielle de 2011, le président Boni Yayi veut créer de nouvelles sources de tension dans l’ensemble du pays. Dans un premier temps, le chef de l’Etat a violé la loi en écartant l’Assemblée nationale de la mise en place de la Lépi. Ce sont les députés qui doivent voter les dispositions légales pour atteindre le but visé. A cet effet, il faut rappeler que cette contrainte a été la cause principale des ennuis de l’ancien ministre chargé des relations avec les institutions, de la société civile et des Béninois de l’extérieur, Alain Adihou, aujourd’hui en prison pour avoir essayé d’engager des dépenses illégales pour la réalisation de la Lépi. Ce dernier avait tout joué à l’époque, pour que le Parlement puisse lui donner son accord. Après cet échec, les élections de 2006 ont été organisées sans la liste électorale permanente informatisée.

Mauvaise démarche
Comme d’attitude, le président Boni Yayi veut mettre la charrue avant les bœufs. Aujourd’hui, la loi indique que c’est la Commission électorale nationale autonome (Cena) qui confectionne le fichier électoral et organise les élections. Pour réaliser la Lépi, il faut modifier les anciennes dispositions électorales. C’est à ce niveau que le contournement de l’Assemblée nationale ne sera pas possible pour le gouvernement. C’est une manière de montrer que les députés seront en amont de la réalisation de ces données électorales. Après l’adoption de la nouvelle loi électorale, on peut savoir si c’est le Secrétariat administratif permanent de la Cena (Sap/ Cena) ou la Cena qui devra établir la Lépi pour la tenue du scrutin de 2011. Donc en impliquant directement Léa Hounkpè sans l’aval de la représentation nationale, le chef de l’Etat est en train de faire un travail qui serait déclaré nul pour violation de la Constitution du 11 décembre 1990.
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Pourquoi le pouvoir adopte cette attitude ? La configuration actuelle de l’Assemblée nationale n’est pas favorable au président Yayi. Est-ce le risque de voir les députés s’opposer à sa vision qui explique la présence prématurée du Sap/ Cena dans le processus ? Soit c’est la méconnaissance de la loi, soit c’est sa volonté de créer une nouvelle crise entre l’exécutif et le législatif. Une fois bloqué, il pourrait faire recours à ses ordonnances habituelles. A ce niveau, il y aura certainement des réactions au sein de l’opinion publique, car il faut nécessairement l’implication de la classe politique, de la société civile et de toutes les couches sociales du pays pour la mise en œuvre de la Lépi, afin que tout le monde y voie clair. Ceci s’avère indispensable surtout qu’il s’agit de l’organisation d’une élection présidentielle. A voir la tension actuelle dans le pays à moins de trois ans de cette échéance politique, toute erreur peut être fatale pour la paix au Bénin. Alors, le gouvernement doit se mettre sur la voie de la légalité pour épargner les Béninois des tensions politiques.

Jules Yaovi Maoussi