La Nouvelle Tribune

Limogeage d'un Conseiller Technique

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Le début d’un balayage nécessaire
Ce qui n’était que rumeur et bruit de couloir depuis quelques mois, est désormais un secret de polichinelle. Le président Boni Yayi a  mis fin aux fonctions d’un de ses innombrables conseillers techniques. Un limogeage qui ne devrait être que le début d’une vaste opération de balayage au palais de la Marina. Tel le couperet de la guillotine, la décision d’éjection du conseiller technique du président de la République  est tombée raide hier et s’est propagée à travers tout le pays. Le petit prince à la verve débordante est tombé en disgrâce auprès du grand chef. Et pourtant, il était compté parmi les intouchables de la République. Ces envolées lyriques et diatribes parsèment encore la mémoire des Béninois. Sa théorie sur le changement n’a laissé personne indifférente de ce qu’il est un pilier inamovible du système Yayi. Mais deux ans et demi de collaboration ont fini par convaincre le Chef de l’Etat de se séparer de celui que certains ont appelé de « bébé baveux et morveux, fils à papa venu au monde avec une cueillere d’or dans la bouche ». Celui qui était chargé de faire le lavage de cerveau à ses compatriotes afin qu’ils changent réellement à oublier de changer lui-même d’abord. Ainsi, lui reproche-t-on des surfacturations, des sorties frauduleuses de devises et bien d’autres effractions. Le petit génie en management comme il aime se désigner, n’a pas manqué de tourner en bourrique l’Etat en lui revendant un produit qu’il finance entièrement. Trafics d’influence et abus de pouvoir sont également à l’actif du désormais ex- conseiller technique du Chef de l’Etat.
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Aller plus loin
En se débarrassant d’un conseiller devenu encombrant, le Chef de l’Etat a semblé prendre la mesure des choses. En effet, depuis quelques temps,  les nouveaux riches qui fleurissent dans son  entourage comme des champions en usant de leurs positions, ne sont plus à démontrer. Des cas de malversations à peine voilés sont commis par ces derniers sans qu’ils ne soient inquiétés. En un temps record, certains qui ne gagnaient pas la somme de cent mille (100.000) francs Cfa avant de devenir conseiller à ma présidence, ont acheté et érigé des immeubles dans tous les coins du pays, des entreprises sont créées selon l’humeur du moment au nom de tierces personnes aux fins de gagner les marchés. En somme, une mafia savamment orchestrée au cœur de l’appareil d’Etat par ceux qui sont chargés d’aider le chef à lutter contre la corruption. Le chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi doit aller plus loin. Son balaie doit aller dans tous les coins et recoins du palais où se tapissent des bandits à col blanc. Une fois détecté et chassés, le président doit pouvoir montrer sa volonté de lutter contre la corruption en les confiant à la justice afin qu’ils subissent les conséquences de leurs actes. C’est à ce seul prix qu’il pourra peut-être regagner la confiance de certains Béninois devenus sceptiques face à sa manière de gérer. D’un autre côté, il ne doit pas oublier la crise politique qui sévit depuis plus d’un an. Cela est également le résultat des interventions irresponsables de certains de ses conseillers qui, ne distinguent guère injures et explications techniques.

Benoît Mètonou