La Nouvelle Tribune

Remaniement au Bénin : Christian Sossouhounto ou la rançon de l’insubordination

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«Mais que devient Sossouhounto !?» Ainsi s’interrogeait un internaute béninois hier nuit sur sa page Facebook lorsque la composition du nouveau gouvernement de Boni Yayi a été rendue officielle.

Depuis l’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement, le sort du désormais ex-ministre de l’Urbanisme de l’Habitat de l’Assainissement intéressait plus d’un. Resterait-il au gouvernement ? Connaîtrait-il une promotion ? Ce sont là quelques-unes des suscitées par sa situation. La réponse est désormais connue. Christian Sossouhounto n’est plus ministre. Il a été éjecté de l’équipe de l’Exécutif, en remplacement de Fonton Noël. Il sort par la petite porte. Son départ ressemble bien à une humiliation. Et ses anciens partenaires du parti de la Renaissance du Bénin vont certainement s’en réjouir. En effet, c’est dans le cadre d’un accord entre son parti et le président Boni Yayi qu’il est entré au gouvernement en août 2013, en remplacement de Blaise Ahanhanzo Glèlè. Un autre membre du parti Rb qui occupait le poste de ministre de l’Environnement, de l’habitat et de l’Urbanisme dans l’équipe de Yayi depuis 2011.

Cependant, un peu plus d’un an après la nomination du Chef du Sixième arrondissement et troisième adjoint au maire de Cotonou, les relations se sont brouillées entre son parti et le camp Yayi. Disons plutôt que les intérêts politiques des «Houézèhouè» ne se trouvaient plus du côté de la mouvance. Le 19 janvier 2015, le parti a alors demandé à son missionnaire, Christian Sossouhounto de quitter l’équipe gouvernementale. Selon des sources concordantes, il devrait être tête de liste de son parti dans la 15ème circonscription électorale (1er au 6 è) aux législatives du 26 avril. Mais l’homme a refusé de suivre la ligne de son parti. Préférant poursuivre son aventure aux côtés de Yayi. Aux législatives, il a été le troisième titulaire de la liste Fcbe dans la quinzième. Il n’a pas été élu. Et l’alliance politique du président n’a d’ailleurs obtenu aucun siège dans ladite circonscription. Sossouhounto est resté fidèle à son nouveau maître au détriment de son ancienne famille. On s’attendait alors qu’il monte en grade dans le nouveau gouvernement. Ou qu’il y soit tout au moins maintenu. Rien de cela. Et s’il n’y prend garde, c’est le début de sa lente mort politique. Néanmoins, Boni Yayi pourrait le recaser à la Présidence comme conseiller ou à la tête d’une société d’Etat. Tout compte fait, il aura été rétrogradé. Et si ce n’est pas une avanie, ça y ressemble quand-même !