La Nouvelle Tribune

Critique du séminaire de Bohicon

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Les Fcbe en panne d’inspiration
Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont donné une conférence de presse mardi dernier à Codiam à Cotonou pour attaquer le séminaire des G4, G13 et Force-clé tenu à Bohicon. Mais à analyser de près leur déclaration, on dira que les Yayistes étaient en panne face à l’envergure des problèmes posés par leurs adversaires. « Si ce que l’on veut dire est moins que le silence, il vaut mieux se taire ». Cet adage chinois s’applique bien aux Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), suite à leur dernière sortie médiatique après le séminaire des forces politiques G4, G13 et Force-clé tenu le weed end dernier à Bohicon. A les voir sur le présidium, un observateur bien averti se rend compte que les avocats du régime de changement trouvaient difficilement les mots qu’il faut pour attaquer les déclarations des autres. C’est pourquoi, ils ont choisi le terrain de la facilité, c’est-à-dire s’occuper du vulgaire sans faire une analyser minutieuse de la situation. Selon eux, il n’y a rien de nouveau entre le séminaire de Bohicon et la rencontre du 12 mars 2008 des G4, G13 et Force-clé. Aujourd’hui, la préoccupation des Béninois est de savoir si les propos tenus par Me Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Kolawolé Idji, Nicéphore Soglo, et consorts ont leur raison d’être. Tout le monde s’attendait à ce que les Forces cauris pour un Bénin émergent apportent des contradictions point par point aux critiques formulées contre le pouvoir en place par ces lieutenants de la classe politique nationale.
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Ce qui n’a pas été le cas. C’est dire que le gouvernement reconnaît la véracité des attaques de Bohicon. Même si selon eux, il n’ y a rien de nouveau, le séminaire de Bohicon est la preuve que le gouvernement persiste dans la dérive. Pour preuve, la mauvaise gestion des  fonds de l’escorte des véhicules  d’occasion, la politisation des micro-crédits aux femmes, la caporalisation des institutions de la République, les coups bas, les menaces permanentes sur la démocratie, l’insécurité grandissante et autres tares du régime du changement dénoncés le 12 mars dernier à Cotonou sont encore d’actualité. Pourquoi alors les cauris ne veulent-ils pas que les autres continuent d’en parler ? Ces problèmes soulevés par les G4, G13 et Force-clé sont aujourd’hui les sujets de grande préoccupation pour tous les Béninois de la génération consciente. Comme deuxième argument, les cauris ont soulevé le manque de propositions aux problèmes posés. Tout d’abord, ils avaient tenu le même langage, après la sortie politique de leurs adversaires, le 12 mars dernier. A ce niveau, c’est dire que leur discours n’a pas évolué. Cet argument a-t-il sa raison d’être ? Non. Cela montre le faible degré de leur maturité politique. En politique, l’opposition critique. C’est son rôle. Il appartient au pouvoir de tirer les conclusions qui s’imposent pour revoir son mode de gestion. Si les partisans du régime en place demandent des propositions, c’est qu’ils avouent que le président Boni Yayi n’a pas un programme de gouvernement, d’où la navigation à vue. Les Fcbe, par leur sortie politique spontanée, ont tiré à terre comme le disent les Ivoriens. Désormais, il faudrait qu’ils mûrissent leurs réflexions avant de répliquer à des ténors politiques. C’est aussi la preuve de l’improvisation et de la précipitation qui caractérise les actions des nouvelles autorités du pays.

Jules Yaovi Maoussi