La Nouvelle Tribune

Déclaration de quelques députés à la sortie de l'hémicycle

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Valentin Houdé (député AND) : «Il ne revient pas à un déserteur de négocier »

«  C’est pour la 6è fois que je suis élu, je peux dire que je fais partir des carriéristes de la représentation nationale. Je me dois de vous dire à vous communicateurs, journalistes, merci pour le travail de restitution de la vérité. Je voudrais dire également merci aux populations de Calavi, de Sô-Ava et de Zê qui continuent de m’accorder leurs suffrages malgré tout parce que les survols des hélicoptères, les bals de tissus, les poteaux électriques, les sacs de mais, de riz, l’argent distribué à foison pour arrêter le cours normal des choses n’a pas eu son effet. Une nouvelle législature commence et nous ne devons perdre de vue que c’est le peuple qui a dicté son verdict à travers les urnes. Les discours n’ont pas été les mêmes, c’est un genre de référendum, ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Je suis resté dans un camp donné et souffrez que je vous dise que tout se passera bien par la grâce de dieu (…) je ne suis pas candidat au perchoir mais dans tous les cas un béninois sera élu président de l’Assemblée nationale du Bénin (…) moi je suis un commandant de troupe et en matière de négociation, ça ne revient pas à un déserteur de négocier quoi que ce soit pour moi. S’il y a une quelconque négociation à faire, c’est au chef de file qu’on s’adresse. J’ai appris que des camarades élus sur la liste de l’AND ont été kidnappés, ont été volés ; quand j’ai été informé de leur disparition, j’ai interrogé les autres camarades, mais pour finir il m’est revenu qu’on les a retrouvés avec le chef de l’Etat à Parakou ; Je ne sais pas si le président Yayi Boni peut se permettre ce qu’il a fait là, attendons de voir ; je continue de faire confiance aux miens. Je ne vais pas citer des noms, je ne vais pas mettre de l’huile sur le feu, mais nous attendons de voir ce qui va se passer »

Simplice Codjo (Député FCBE) : « Nous n’allons pas faire la politique politicienne »

«  Je ne peux que rendre grâce à l’éternel qui a commencé ses œuvres merveilleuses. Je prie pour que cette 7è législature soit une législature apaisée, prête à travailler pour accompagner le gouvernement. Nous l’allons pas faire la politique politicienne, politique dans la droiture, dans la justice pour que le Bénin, c’est de ça que nos mandants ont besoin ».

Cyprien Tognin (député AND) : « …négocier avec les autres alliances pour contrôler le perchoir »

«  On dit que le chef de l’Etat nous a approché. Moi je trouve que c’est un débat inutile parce que, si un parti ou une alliance de partis politiques n’a pas la majorité, il doit nécessairement négocier avec les autres alliances ou des partis alliés pour pouvoir contrôler le perchoir, je ne trouve pas d’inconvénient à ça. Si le chef de l’Etat n’a pas la majorité et il suggère que nous partagions la mandature ensemble, qu’est-ce qu’on trouve de négatif là ? Si c’est l’autre aile qui nous appelle et on s’entend bien avec eux, l’essentiel est que nous soyons en adéquation avec nos militants de notre parti. Nous sommes là et non pour la majorité mais pour une conviction donnée, il y a d’autres qui sont là pour des va-en-guerre et d’autres sont là pour la paix. En créant notre alliance, nous avons dit qu’on va soutenir le chef de l’Etat jusqu’en 2016, donc nous ne sommes pas encore dérobés de notre ligne politique et de notre vision politique. Tout ceux qui se raconte là c’est du n’importe quoi ».

Idrissou Bako (député FCBE) : « Le peuple béninois a une fois encore démontré sa maturité » 

«  Le peuple béninois a une fois encore démontré sa maturité et les dispositions constitutionnelles ont été respectées par rapport à la 7è législature. Nos défis c’est ce que l’électorat attends de nous députés et nous ferons tout pour les surmonter. Pour le contrôle du perchoir, moi je suis d’une formation politique, des Fcbe et je vais suivre les conseils de mon groupe politique »

Candide Azannai (député UN) : «On va l’empêcher d’agir par procuration»

«  Je n’ai pas fini la campagne, je suis sur le terrain, je suis en plein combat. J’ai fait un combat extrêmement rude et particulier. Je souhaite qu’on prenne contact avec les nouveaux collègues, qu’on voit ce qui se passe pour affiner notre vision et nos stratégies. Notre pays est à la croisée des chemins puisqu’on veut mener un combat contre une visée de dictature pure dans le pays. Vous savez l’objectif pour Yayi Boni et son équipe c’était d’avoir 50 députés au moins. Le discours de Yayi Boni-je le cite-était de rectifier la démocratie. Si lui, on le laissait avoir 50 députés, vous savez ce qui allait se passer et quand un homme dit, je rectifie la démocratie, c’est qu’il bascule dans la dictature. C’est comme ça nous avons fait une première bataille où l’a empêché d’avoir les 50 députés. Maintenant, il reste une seconde bataille où on va l’empêcher d’agir par procuration et acheter ce qu’il n’a pas pu avoir par les urnes. On doit le faire cette bataille de manière très rude, implacable sans état d’âme (…) Il y a le peuple. Si les procurations changent de manière significative la volonté du peuple, le peuple va agir. Nous sommes venus ici pour nous amuser, nous sommes en train de nous battre contre la dictature et contre la dictature il y a le peuple. Les gens sont libres d’utiliser des procurations, je ne suis pas contre les procurations. Nous sommes dans une phase de démocratie qui doit être sous la pression populaire. On peut trouver 83 procurations, moi je m’en fous. Mais si l’effet des procurations est contraire à ce que le peuple a dit, le peuple va prendre le dessus ».

Antoine Kolawolé Idji (député UN) : « La bataille ne sera pas facile parce que les vieilles habitudes sont là »

«  Je pense que cette 7è législature recommence des combats fondamentaux pour le Bénin. Vingt cinq ans (25 ans) après la conférence nationale, un président a cru qu’il pouvait, sans coup férir, enlever un citoyen qui plus est, un député, le faire tabasser ou plutôt le faire disparaitre. Il faut que ce président et tous les présidents qui viendront après lui, sachent qu’au Bénin ça n’est pas possible. C’est le sens du combat pour la démocratie et doit être l’une des missions majeures de cette 7è législature. La bataille ne sera pas facile parce que les vieilles habitudes sont là. Le régime qui a mis notre pays hors des rails est là et veut même avoir la majorité au sein du parlement et je suis sûr qu’il n’y parviendra pas ».

Atao Hinnouho (député Réso-Atao) : « Par rapport à l’accord de perchoir à Parakou, je n’ai été chez personne hier et avant-hier »

«  Beaucoup ne nous attendaient pas ici, mais dieu a fait ses œuvres. Je voudrais rassurer le peuple béninois que le Bénin est en train de changer et que le meilleur reste à venir. Ma présence ici c’est la victoire du peuple. Je voudrais les rassurer que je suis ici pour défendre leurs intérêts et accompagner le développement réel de notre pays (…) Par rapport à l’accord de perchoir à Parakou, c’est dommage. Hier et avant-hier, je ne suis même pas sorti de chez moi. C’est vrai que naturellement les tractations ont commencé et je reçois beaucoup d’appels. C’est vrai que je suis le seul élu de notre parti Réso-Atao et je ne sais pas si le seul siège était aussi important que je sois obligé de me déplacer vers Parakou. Je n’ai été chez personne hier et avant-hier également. En dehors des détracteurs, je voudrais vous rassurer que je suis un peu dans la peau des pauvres, les délaissés de ce pays et ma conviction est tout autre. Par rapport à ma position, ça dépendra du terrain ».