La Nouvelle Tribune

Législatives 2015: Vers la confusion et la fraude le jour du scrutin

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Entamées le week-end dernier, les opérations de distribution des cartes d’électeurs portent les germes d’une situation de confusion et de fraude qui pourrait survenir le jour du scrutin législatif. Dimanche 26 avril 2015. 

Avec les tergiversations que connaissait le processus de correction et d’actualisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), des observateurs avertis de la vie socio-politique béninoise avait projeté que les élections législatives se tiendraient dans la grande confusion. Et ce, avec en toile de fond des situations favorables à la fraude. Si on n’y prend garde, c’est effectivement ce qui risque de se produire ce dimanche 26 avril 2015, jour du scrutin. C’est du moins ce que présagent les conditions dans lesquelles se déroulent les opérations de distribution des cartes d’électeurs qui ont débuté samedi dernier dans certaines localités et dimanche dans d’autres. Selon des témoignages concordants, dans plusieurs centres de distribution, des cartes sont retirées par des personnes autres que leur propriétaire. Vu la qualité très mauvaise de la photo sur la carte d’électeur, le jour du scrutin, il pourrait donc arriver que des personnes votent à la place des véritables détenteurs des cartes d’électeurs. En plus, d’autres irrégularités qui émaillent le processus de distribution des cartes pourraient déboucher sur des situations de confusion dimanche prochain. Constatées par endroit par La Nouvelle Tribune, certaines irrégularités ont été recensées par l’alliance Avenir pour un Bénin Triomphant (Abt) qui en a fait mention dans un communiqué diffusé dans les colonnes de notre confrère Le Matinal de ce mercredi 22 avril 2015. Ces irrégularités sont, entre autres, l’absence de carte d’électeurs pour des citoyens régulièrement inscrits et détenteurs du récépissé du Cos-Lépi, l’incohérence entre les données personnelles enregistrées et celles mentionnées sur les cartes, l’existence de plusieurs copies de cartes pour un seul et même électeur, l’existence de carte pour des personnes décédées depuis au moins deux ans.

 Dimanche: le fourre-tout ?

Selon le Code électoral, les cartes d’électeurs sont distribuées pendant quinze jours ininterrompus. L’article 183 de cette loi électorale dispose que «(…) le centre de distribution des cartes d’électeur est ouvert pendant quinze (15) jours ininterrompus de huit (08) à dix-huit (18) heures. (…) Les cartes d’électeur non retirées par leurs titulaires jusqu’à la fin du délai de distribution, sont dénombrées, mises sous scellés et entreposées dans des cantines consignées entre les mains du Secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale autonome (Cena)». Pour les Législatives du 26 avril prochain, visiblement rien de cela ne se passera. Le code électoral est déjà violé et le sera encore. Même si l’on est dans une situation exceptionnelle qui nécessite une mesure d’exception, dont la réduction des délais légaux. 

 Les opérations de distribution des cartes d’électeurs ont débuté officiellement vendredi 17 avril. Cependant, elles n’ont été effectives qu’à compter des samedi 18 et dimanche 19 avril. Le scrutin étant pour le 26 avril, théoriquement, les cartes seront distribuées sur un peu plus d’une semaine, disons moins de dix jours.  En plus d’être contraire aux dispositions du Code électoral, ce délai s’avère insuffisant pour finaliser la distribution de plus de quatre millions de cartes. A plusieurs reprises, Kassim Chabi, coordonnateur du Centre national de traitement (Cnt) a déclaré que la distribution pourrait se poursuivre le jour même du scrutin. Tout ceci, ajouté aux nombreuses irrégularités qui caractérisent les opérations elles-mêmes,  on pourrait se retrouver dans un fourre-tout dimanche prochain : confusion, fraude, contestations. Les partis politiques en lice, les structures en charge de l’organisation du scrutin et les organismes de veille politique sont alertés et interpellés.