La Nouvelle Tribune

Bénin : les législatives à nouveau dans l’impasse

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Des incertitudes naissent à nouveau quant à la tenue des législatives prochaines. Prévues pour le 26 avril prochain, ces consultations électorales pour le renouvellement de l’Assemblée nationale sont hypothéquées. Et ce, en raison de la non disponibilité jusqu’à ce jour des cartes d’électeurs pourtant nécessaires pour les prochaines joutes électorales qui pointent à l’horizon. Le pire, c’est que rien ne présage de la disponibilité de cette carte d’identification des électeurs dans les tout prochains jours.

Bras de fer

L’obstacle qui assombrit le ciel politique béninois quant à la tenue des législatives dans deux semaines, c’est la question du financement des opérations du Cos-Lépi. Autour de cette question de financement subsiste une situation aussi confuse que conflictuelle. Alors qu’on croyait la question du financement des élections notamment de la structure chargée du toilettage du fichier électoral terminée, le président du Cos-Lépi, l’honorable Sacca Lafia a effectué il y a un peu plus d’une semaine une sortie médiatique pour réclamer des ressources complémentaires pour, entre autres, distribuer les cartes d’électeurs.

>> Bénin : le Cos-Lépi demande encore deux milliards

En réponse à cette nouvelle demande de financement d’un montant d’un peu plus de 3 milliards FCFA, le ministre de l’Economie, des Finances et des programmes de dénationalisation, Komi Koutché, a annoncé lors d’une conférence de presse mardi dernier, le décaissement d’un montant de 611 millions FCFA pour la seule rubrique de la distribution des cartes d’élections. Cela, au motif que les autres rubriques contenues dans le nouveau budget du Cos-Lépi avaient déjà été prises en compte dans de précédents budgets. Cette somme débloquée par le gouvernement est jugée insuffisante par le Cos-Lépi alors que le gouvernement dit ne plus être prêt à décaisser de nouvelles ressources.

Incertitude

Cette situation conflictuelle entre le gouvernement et le Cos-Lépi autour de l’hypothétique question de financement a provoqué ce mercredi au Cos-Lépi l’arrêt des activités de production de cartes d’électeurs par les agents qui réclament des arriérés de salaires allant jusqu’à quatre mois. Selon certaines sources, il reste encore à ce jour à produire environ 1 million 500 mille de cartes. Ce nouveau blocage à quelques jours du scrutin, semble réduire à néant tous les efforts et concessions faits de part et d’autres depuis la décision de la Cour constitutionnelle fixant la date des élections. Il s’avère donc urgent que gouvernement et Cos-Lépi s’asseyent pour s’entendre. Il y va de la sauvegarde des acquis démocratiques.

Yayi doit montrer qu’il veut des élections

Ici, l’Exécutif est surtout interpellé. Le président Boni Yayi doit montrer qu’il tient vraiment à la sauvegarde de la démocratie béninoise, à travers la tenue effective des élections législatives. Le ministre des Finances, Komi Koutché affirmait que le décaissement de fonds au-delà des 611 millions de Fcfa serait un acte de mal gouvernance. On voit dans cette position du ministre le souci d’assurer une gestion saine et efficiente des ressources publiques. Cela est tout à fait normal. Cependant, l’enjeu ici est la survie de la démocratie béninoise qui est chancelante. Et personne ne sait ce qu’il adviendrait si le Bénin se retrouve sans un nouveau Parlement le 15 mai 2015. Nul ne sait où nous mènera ce vide juridique. De plus, l’opposition ne cesse de crier que Boni Yayi manigance la survenance d’un vide juridique dont il se servira pour se maintenir au pouvoir au-delà du 06 avril 2016, date de la fin de son dernier mandat constitutionnel. Face à ces éléments, le gouvernement n’a qu’une seule chose à faire : décaisser les trois milliards Fcfa demandés par le Cos-Lépi quitte à envoyer plus tard une mission pour auditer l’usage et la gestion de ces fonds.  En le faisant, Boni Yayi aura démontré qu’il tient à l’organisation à bonne date des Législatives. Il y va de ce qui reste de sa crédibilité et aussi de la sauvegarde des acquis démocratiques.