La Nouvelle Tribune

Après le braquage de Dantokpa

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Le ministre zinzindohouéArmand Zinzindohoué crée un climat de suspicion générale
Quelques jours après le sanglant braquage survenu au marché international de Dantokpa, le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Armand Zinzindohoué n’a pas fini de donner son approche de la collaboration entre populations et agents de sécurité. La dernière en date est une proposition qui rappelle de sombres souvenirs des heures chaudes de la révolution. Sur une chaîne de télévision de la place, le ministre Armand Zinzindohoué exhortait les populations à une franche collaboration  avec les agents de sécurité. Pour lui, cette collaboration doit se manifester par l’interpellation de toute personne suspecte. Par personne suspecte, il faut comprendre des gens qui s’habillent bien, des gens qui dorment jusque tard dans la matinée et qui sortent de chez eux les soirs, selon les dires du ministre. Il appelle donc les populations à se surveiller, à se suspecter à base de ces critères. En matière de sécurité, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il faut une synergie entre les populations et les forces de l’ordre. C’est évident que ce sont les populations qui doivent fournir les informations et autres tuyaux à la police.
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Cependant, les inviter à suspecter le premier qui s’habille bien dans le voisinage, ou faire interpeller un tel qui dort tard dans la journée, cela a un revers qui risque de déstabiliser le climat de paix qui prévaut entre les populations. En effet, se baser sur de tels critères va d’abord engendrer un climat de suspicion générale, à la limite de la paranoïa entre les populations. C’est déchirer le tissu de convivialité entres les membres d’une même famille, d’un même quartier. L’autre grand danger que couve cette méthode, est la chasse qui pourrait en découler. Il suffira à un quelconque individu d’être en inimitié avec son voisin pour qu’il aille le dénoncer pour un fait fictif. C’est vrai que la police peut faire la part des choses. Mais, après les humiliations successives subies, ne sera-t-elle pas aveuglée par son désir de redorer son blason ? Les dix-sept ans de révolution marxiste léniniste sont à jamais gravés dans l’histoire pour rappeler les dérives d’une telle méthode. On se souvient également de certaines vindictes populaires qui ont immolé d’innocentes victimes juste parce qu’elles étaient orchestrées par les détracteurs de ces dernières. Et la dérive avec la méthode Zinzindohoué est vite survenue.

J.Y. M.