La Nouvelle Tribune

Fes : que le prochain Parlement ne tombe pas dans le piège de la Révision de la Constitution

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« Quel Parlement pour préserver les acquis démocratiques au Bénin ? » Tel est le thème de la sixième édition de la « Soirée Politique » de la Fondation Friedrich Ebert tenue ce vendredi 20 janvier au siège de l’institution.

Le Panel de discussion était composé d’Amissetou Affo-Djobo et Nouhoum Bida, ancien et actuel députés, Wilfried Léandre Houngbédji, journaliste-analyste politique et Elfried Dossavi-Messy, acteur de la société civile.

Elle maintient le cap. La Fondation Friedrich Ebert (Fes), bureau de Cotonou poursuit ses « soirées politiques » initiées en 2013 dans le but de « promouvoir le dialogue politique entre acteurs divers et d’apporter une contribution significative aux débats publics sur les questions socio-politiques et économiques au Bénin». Après avoir parlé Liste électorale permanente informatisée (Lépi), coton, révision de la Constitution, dialogue social et régionalisme, la fondation allemande a convié politologues, juristes, acteurs politiques et de la société civile, membres du corps diplomatique, journalistes et autres observateurs de la vie publique béninoise à discuter du prochain parlement béninois ; la composition de l’assemblée nationale, septième législature. Cette sixième soirée politique intervient dans un contexte doublement particulier: «le début des dépôts des candidatures pour les législatives et la célébration des 25 ans de la Conférence Nationale », a rappelé Constantin  Grund, Représentant résident de la Fes au Bénin. Chacun, selon ses sensibilités et ses convictions, les panélistes ont « suggéré des pistes pour l’amélioration du Parlement béninois ».  Ils ont établi leurs critères du portrait-robot du député béninois de la septième législature.

 

« Désespérément déçu »

 

« On est désespérément déçu de nos députés (6ème législature)», a avancé Wilfried Léandre Houngbédji. Il poursuit que «nous sommes demandeurs d’un parlement qui joue vraiment son rôle et le prochain président de l’Assemblée nationale ne doit pas être une caisse de résonance du pouvoir » « Il ne faudrait pas que le prochain parlement tombe dans le piège de la révision de la Constitution, a-t-il mis en garde.  En conséquence, l’analyste politique pense qu’il « faut tout faire alors pour empêcher  Boni Yayi d’avoir la majorité au prochain parlement ». « Il nous faut des députés qui soient conscients de leur fonction et des enjeux du moment », a renchéri Amissetou Affo-DJobo, ancienne député et secrétaire parlementaire de la cinquième législature. Pour le plus jeune des panelistes, Elfried Dossavi-Messy « le député doit être le représentant du peuple ». Cette représentativité doit être effective dans tous les sens. «  Le député doit être patriote, incarner des valeurs, être  à l’écoute du peuple », a appuyé  le président du Conseil des jeunes de l’ambassadeur des Etats-Unis au Bénin. Avant d’insister le parlementaire « ne doit pas être corrompu. Encore moins mêlé à des affaires d’assassinat et de vols ». Il est donc question de la qualité éthique et intellectuelle du prochain député béninois. A cet effet, « la qualité est multidimensionnelle ; morale, intellectuelle etc. « Trouver le juste milieu est difficile, cela demande un travail de longue haleine », a postulé le député Nouhoum Bida. Selon lui, «nos lois ne nous permettent pas d’avoir des députés de qualité. «Pour avoir des députés de qualité, il nous faut des réformes.»