La Nouvelle Tribune

Lettre du Sgg au sujet du dossier Chabi Sika/Ahossi : encore une diversion

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Dans le dossier Chabi Sika-Ahossi relative aux affaires délit d’initié dans lesquelles les noms des députés Karim Chabi Sika et Comlan Léon Ahossi sont cités, les choses ne semblent pas vraiment bouger. Alors qu’on croyait le dossier déjà sur la table du Procureur de la République du Tribunal de première instance de Porto-Novo après la décision de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) de transmettre le dossier à la justice, on vient d’apprendre que non. Plutôt que sur la table du Procureur de la République, le dossier aurait été transmis au Garde des Sceaux, ministre de la Justice. C’est en tout cas ce qu’on retient de la correspondance du Secrétaire général du Gouvernement adressée au président de l’Anlc. Dans cette correspondance en date du 9 février 2015, Alassani Tigri a en effet écrit que « tenant compte de votre recommandation, le dossier en rubrique est transmis au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, ce jour (lundi 9 février 2015) par courrier numéro 085/PR/SGG/SP ». Cela, a-t-il expliqué dans sa nouvelle correspondance à l’Anlc, « en vue de sa transmission au Procureur de la République ».

                                                                               De la pure diversion

Cette nouvelle lettre du Sgg Alassani Tigri à l’Anlc dans ces affaires de délit d’initié au Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) est une correspondance de trop et elle relève de la pure diversion. En effet, conformément à la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République, l’Anlc a pouvoir de saisir elle-même le procureur. L’article 5 de la loi stipule en effet que : « il est créé… un organe de lutte contre la corruption doté de l’autonomie financière qui a pour missions de : exploiter, à toutes fins utiles, les informations sur les doléances ou plaintes relatives aux faits relevant de la corruption et infractions connexes dont il est saisi et les dénoncer au procureur de la République compétent… ». La clarté de cet article montre à suffisance que l’échange de correspondances qu’il a eu entre l’Anlc et le Secrétariat général du Gouvernement n’avait pas raison d’avoir lieu. En plus la transmission du dossier au ministre de la Justice qui, va à son tour le transférer au procureur, est une perte de temps. Cela, du fait de la lenteur administrative et des enjeux de ces affaires qui, depuis leur apparition, tiennent en haleine la population béninoise.

De peur donc que ce dossier disparaisse dans les tiroirs de l’administration publique béninoise ou ne dure et perdure pour ne jamais aboutir,  il est nécessaire que l’Anlc prenne ses responsabilités en saisissant conformément à ses prérogatives, le procureur de la République comme elle-même l’a annoncé  samedi dernier. Cela, y va également de la lutte contre la corruption et l’impunité au Bénin.