La Nouvelle Tribune

Collectes de propositions

Espace membre

Ousmane BatokoYayi jette les membres de la commission en pâture
La délégation chargée du découpage territorial s’est rendue mardi 18 Novembre à Ouidah pour échanger avec les populations sur leurs propositions en ce qui concerne la nouvelle désignation des chefs-lieux. Mal leur en a pris! Les natifs de Ouidah ne sont pas allés par quatre chemins pour cracher leur amertume et désapprobation.

Les populations de Ouidah sont très fâchées contre le président de la République.  On pouvait aisément le constater au cours de la rencontre de la commission pluridisciplinaire en charge de proposer le nouveau découpage territorial. Conduite par l’ancien ministre Ousmane Batoko, la commission a fait face à une pluie de désapprobation de la part des natifs de Ouidah, de Kpomassè  et Tori. Pour les populations de ces trois communes, il n’est plus à démontrer les atouts que présente Ouidah pour être le Chef-lieu du département de l’Atlantique. Pour Bellarmin Codo, natif de Ouidah, le débat sur un nouveau découpage territorial n’est plus à l’ordre du jour. Dans sa diatribe, il estime que l’histoire prédestine leur ville à abriter le chef-lieu de l’Atlantique. Ce dernier va donc rappeler qu’en 1925, Ouidah a été érigé en commune avec un conseil municipal nommé et en 1955, avec un conseil municipal élu au même titre que celles de Cotonou, de Porto-Novo, d’Abomey et de Parakou. C’est au regard de tout cela que ces derniers traitent d’inappropriée et d’inutile cette mission  de collecte de propositions pour un nouveau découpage. Un autre intervenant plus virulent que M. Codo, a enfoncé le clou en invitant les membres de la commission à rebrousser chemin et à demander le chef de l’Etat à appliquer les résultats rendus publics par M. Issa Démonlé Moko et de s’occuper des communes insurgées par la suite. Déconcerté, , Ousmane Batoko a pu toutefois rappelé le but de leur visite qui était de recueillir des propositions à analyser et soumettre  un avant projet de loi que le gouvernement doit introduire à l’Assemblée nationale.  C’est dans cette ambiance surchauffée, que le maire de Ouidah, Séverin Adjovi, trouvera les mots justes pour calmer les esprits et détendre l’atmosphère.  Cela ne l’a pourtant pas empêché d’exprimer son accord vis-à-vis de la décision de l’ancien ministre  de la décentration, Issa Démonlé Moko.
Evelyne Bolougbé& Nicoletta Akpiti
{mosgoogle}

Une mission aux issues sombres
Ce qui s’est passé mardi  à Ouidah est symptomatique  de la désapprobation des populations à travers les communes remises en cause après le premier découpage. Les membres de la commission pluridisciplinaire ont pu s’en sortir à Ouidah avec l’aide du maire, Séverin Adjovi. Quel sort sera réservé à cette commission dans les autres communes ? Au-delà de la délicatesse de la mission, elle se révèle aujourd’hui dangereuse et périlleuse pour les acteurs. Le président Boni Yayi en rapportant l’application des résultats prononcés par son ministre, n’a sûrement pas pris toute la mesure des déconvenues que sa décision pouvait engendrer. Si aujourd’hui les esprits sont déjà très surchauffés et que d’autres communes aussi se découvrent des aptitudes à être des Chefs-lieux de départements, le président pourra-t-il faire accepter le nouveau découpage qu’il a initié ?
Benoît Mètonou