La Nouvelle Tribune

Rester au gouvernement : l’option trop risquée de Christian Sossouhounto

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Depuis le 19 janvier que son parti a pris la décision de son retrait du gouvernement, Christian Zossouhounto n’a toujours pas obtempéré. Il a visiblement choisi de désobéir à son parti. Il s’agit d’un choix politique assez imprudent au regard des inconvénients qui pourraient en découler.

Christian Sossouhounto  est-il toujours membre de la Renaissance du Bénin(Rb) ? Cette question mérite d’être posée au regard de l’attitude de ce ministre depuis quelques jours. En effet, depuis le 19 janvier, un communiqué du bureau politique de son parti demande à ce qu’il se retire du gouvernement de Boni Yayi. Normalement donc, le 20 janvier, Christian Sossouhounto devrait démissionner pour mettre en pratique, en bon militant qu’il était, cette décision du parti qui l’a envoyé au gouvernement. Mais depuis, silence radio du côté du ministère de l’urbanisme, de l’habitat et de l’assainissement. Le ministre vaque normalement à ses  occupations comme si de rien n’était. Attitude normale ? Non, car dans un système normal  le parti est  au -dessus de l’individu et  les décisions doivent être respectées par quiconque, fut-il président de la République. Mais au Bénin, le système est encore sujet à de nombreuses lacunes et les acteurs politiques manquent pour la plupart de conviction et d’éthique politiques. Serait-ce le cas du jeune ministre de l’urbanisme ? Selon les informations concordantes, il a bien choisi de désobéir à son parti. Son entourage tente même de brouiller les cartes et de plus en plus, on lie son départ à celui des autres cadres du parti nommés à des postes de responsabilités. Grande confusion car la fonction ministérielle est éminemment politique et nul et dans le cas d’espèce, Sossouhounto a été envoyé au gouvernement  par Lehady Soglo qui voulait affaiblir un peu Blaise Ahanhanzo Glèlè dont la notoriété commençait à déranger. Beaucoup se moquait de ce choix, trouvant en lui un jeune inexpérimenté qui ne pouvait rien à ce poste mais le président du parti a misé sur lui, sûrement à cause de sa fidélité qu’il a choisie dorénavant de sacrifier. Obnubilé par les avantages de sa profession du moment, il a semblé oublier l’essentiel : sa carrière politique. Avec Yayi, il n’est pas évident qu’il ait une bonne carrière. Il pourra le garder jusqu’aux prochaines élections législatives. Au pis des cas, il pourra rester jusqu’en 2016 si Yayi décide de jouer un jeu franc avec lui. Mais son maintien au gouvernement pourrait être lié à d’autres paramètres politiques. Pour conserver une stabilité dans sa famille politique, les Fcbe dont bon nombres de ténors courent déjà vers de nouvelles chapelles politiques, Yayi pourrait être obligé de sacrifier son poste à tout moment. En tous cas, avec ce personnage, rien n’est sûr. Or, en restant fidèle à la Rb et en démissionnant, Sossouhounto serra très bien vu sur la place politique comme un jeune de conviction, bon militant qui est resté fidèle aux idéaux de son parti. Au sein de la Rb, il pourra vendre très chère cette « étiquette » et même dans d’autres partis au cas où il décidera de faire une transhumance. Dans un environnement politique où la conviction est rarissime, cet acte pourrait être célébré et reconnu. En désobéissant à son parti originel, Sossouhounto se retrouve dans le vide, exposé à toutes options politiques aléatoires de Yayi. Le choix est risqué et va suivre le jeune ministre tout le reste de sa carrière. A lui de bien réfléchir.