La Nouvelle Tribune

Candide Azannaï : «se dresser contre les propos du genre ‘Après nous, c’est nous’ »

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«  (…)C’est pourquoi, en ce moment où je reçois ce jour,  samedi 24 janvier 2015, le serment de votre engagement militant, citoyen et républicain, je voudrais vous rappeler le sens du  grand étendard de l’Espoir sous lequel s’inscrit notre Profession de foi : « Faire espérer le Bénin » et notre Devise : « Patrie, Ethique, Partage ».

Au Parti ‘’Restaurer l’Espoir’’, nous concevons que l’agir politique doit être dédié entièrement à l’intérêt général et que le mandat de représentation de la Souveraineté nationale en système de démocratie libérale moderne doit être au service de l’amélioration des conditions de vie de nos sociétés et de nos communautés. Appartenir au Parti ‘’Restaurer l’Espoir’’, détenir sa carte de membre signifient accepter de servir l’intérêt général.

Vous devez, en conséquence, élever votre degré de militantisme politique et vous revêtir du statut de soldat de l’intérêt général. En toutes  circonstances, vous devez être des modèles de vérité,  de courage, des exemples d’intégrité, de sociabilité et de dignité.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais remercier le Président du Comité d’organisation pour la qualité des soins mis afin que nous ayons cette majestueuse cérémonie.

Les occasions de ce genre nous permettent de nous prononcer sur les grands dossiers de la Nation, d’interroger les défis qui s’imposent à nous et d’explorer avec vous les solutions qui nous semblent appropriées.

 Le climat délétère actuel est provoqué par les propos tenus par le Président Boni Yayi le 1er Aout 2012. Il s’agit de propos haineux, coléreux et attentatoires à la cohésion nationale. Il s’agit de propos anti- développement et nuisibles à la paix.

Nous sommes ici à Bohicon, sur l’une des terres les plus chargées de l’histoire de notre pays  et il nous paraît inconcevable qu’un 1er Août, un Président de notre  République appelle à l’affrontement des communautés nationales, dénigre les enfants les plus nantis de la République, traite les  citoyens de ce pays de très petits, la classe politique opposante de médiocre et d’espèces en voie de disparition, réduise  la jeunesse à un corps d’emmerdeurs qui ne méritent pas plus que des ballons de football, menace de mal des journalistes et de destruction des citoyens….

Il nous est également inconcevable ici, sur le plateau historique d’Abomey et régions, d’accepter que la colère et la haine aveuglent les actes et les décisions au sommet de l’Etat et de la République.

La plupart des problèmes qui menacent la cohésion et l’unité nationales sont la conséquence de la colère et de la haine que nourrit Boni Yayi à l’égard de tous ceux qui sont contre son rêve fou de réviser  la Constitution, d’instaurer  sa dictature dite de développement et de présidence à vie.

En clair, ce qui se joue aujourd’hui est le face à face entre les nostalgiques des régimes de type dictatorial néofasciste et les démocrates soucieux de la préservation des acquis de la Conférence nationale des Forces Vives de la Nation de Février 1990.

Mesdames, Messieurs,

Militantes et Militants,

Les néofascistes de notre pays s’appuient sur les FCBE de Boni Yayi et, c’est contre eux que les Démocrates au rang desquels sur la première ligne, notre Parti, le ‘’Parti Restaurer l’Espoir’’,  mènent une lutte implacable pour la préservation de l’Etat de droit, la défense des droits politiques, des droits sociaux et des libertés, la promotion des valeurs de la démocratie libérale moderne.

Notre engagement appelle que nous nous interrogions sur les problèmes actuels qui menacent notre ‘’vivre ensemble’’ en tant que communauté nationale.

L’un de ces problèmes  est la médiocrité  de la gouvernance démocratique, une gouvernance  ruinée par la corruption,  la mythomanie, la gestion hasardeuse au sommet de l’Etat et le déni de la démocratie par l’orchestration de flou sur la tenue à bonne date des élections pour le renouvellement du personnel politique des conseils locaux, communaux et municipaux, de l’Assemblée Nationale et des institutions prévues à divers niveaux de l’Etat.

La lutte contre la corruption, une gouvernance de qualité, l’organisation d’élections transparentes, concurrentielles et fiables, entre autres défis, nécessitent que les uns et les autres cessent de se faire d’illusions sur les intentions réelles du pouvoir en place ; ce  pouvoir ayant perdu toute crédibilité et n’offrant plus aucune garantie pour la célébration de l’intérêt général au fur et à mesure que nous nous approchons du mois d’Avril 2016.

C’est pourquoi, nous appelons chacun à la nécessité de  serrer les coudes et de se dresser contre l’imposture incarnée par les propos du genre « Après nous, c’est nous », des affidés de Boni Yayi.

Nous devons nous interroger sur les activités de Boni Yayi qui déclenche des inaugurations et des poses de pierre tous azimuts après avoir laissé le pays dans un délabrement infra structurel sans précédent.

Nous devons nous interroger sur la vague des nominations qui contrastent avec la qualité et le profil des personnes promues et l’instigation de cérémonies de remerciements hypocrites à Boni Yayi.

Nous devons également nous interroger sur les pratiques d’intimidation commanditées et tendant à étouffer les critiques  à l’encontre du Gouvernement et le dénigrement de leurs auteurs.

Nous devons au plus haut point nous interroger sur les risques de manipulation des institutions relativement à la  LEPI et au sort des scrutins électoraux annoncés.

Nous ne devons jamais oublier que le débat sur la révision de la Constitution demeure entier et que les prochaines élections législatives doivent constituer pour tous les Démocrates, le tournant décisif pour le sort des  valeurs démocratiques et des principes de l’Etat de droit.

Mesdames et Messieurs

Militantes et Militants

Comme vous le constatez, ce qui est urgent ici, ce n’est pas le choix du prochain Président de la République.

 Ce choix se fera en son temps.

Vous ne devez pas vous laisser distraire par les agitations et les prétentions parfois enfantines, parfois immatures et précoces, parfois exagérées et amusantes des uns et des autres au sujet de la candidature aux prochaines élections présidentielles.

 Nous aurons le temps de venir vous voir au sujet du choix du prochain Président de la République.

Aujourd’hui, je suis venu vous dire que vous devez vous consacrer dans l’immédiat, aux questions touchant aux élections législatives en principal et subsidiairement, aux préparatifs des élections de base.

Vous devez vous interroger sur ce qui pousse Boni Yayi à chercher à avoir plusieurs Députés à l’Assemblée Nationale alors même que la Constitution le dégage de la Présidence de la République dès Avril 2016.

Je suis venu vous dire que cet homme qui est déjà dangereux pour la paix, la cohésion et l’unité nationales, le développement durable, la sécurité des citoyens, le capital privé national, l’expression plurielle des idées et les droits de l’homme, l’image de notre pays, sera nuisible à l’essence et à l’existence  de la Nation si par un quelconque phénomène d’inconscience, de compromission, de défaut de vigilance, de manque de combativité, il parvenait à voler les résultats du scrutin législatif de 2015 et à se fabriquer, contre la volonté populaire, une fois encore, une majorité de type moutonnier.

Ce qui vous est demandé est donc la victoire au prochain scrutin législatif pour barrer la route et pour décourager à jamais toute initiative de révision opportuniste de notre Constitution.

Vous devez donc mettre tout en œuvre afin d’être disposés à contribuer efficacement à l’atteinte de cet objectif, soit seuls en tant que Parti ‘’Restaurer l’Espoir’’, soit en alliance avec d’autres forces politiques qui partagent actuellement nos valeurs, nos principes et nos objectifs.

Enfin, avant de vous renvoyer à vos devoirs militants respectifs, je voudrais dire que le peuple d’ici a une longue tradition d’exercice du pouvoir.

Je me retourne vers nos aînés qui savent que nous sommes les héritiers de grands dirigeants dont les faits de pouvoir ont traversé les temps.

Nous devons par conséquent cesser de nous contenter des rôles marginaux.

Le temps est donc venu pour nous de prendre notre place de leaders.

Pour cette raison, je continue de dire  que les propos tenus par Boni Yayi le 1er Août 2012 constituent des offenses inacceptables au symbolisme de la jarre trouée de l’inégalable Roi Guézo de vénérable mémoire.

Je nous invite  à avoir un sens élevé du rôle que l’histoire confère à chacun de nous pour la consolidation de l’unité nationale dans la marche victorieuse de notre peuple et de la Nation béninoise vers le progrès et la modernité.

Je renvoie donc chaque militante et chaque militant à son devoir. (…) »