La Nouvelle Tribune

Chantiers routiers : les députés démontent les arguments du ministre Aké Natondé

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Les débats ont été très houleux hier en séance plénière à propos de la question orale avec débats posée par le député Saka Fikara et quatre autres députés, relative à la mise à disposition de l’Assemblée Nationale des informations sur les coûts des ouvrages et les divers dossiers des soumissionnaires des marchés ayant trait aux projets de réhabilitation, de l’aménagement et du bitumage des routes de certaines localités de notre pays. Les députés n’ont pas raté le ministre des travaux publics et des transports, Aké Natondé qui a été confondu.

Deux points étaient inscrits à l’ordre du jour de la séance plénière d’hier au parlement. Outre la question orale avec débats, posée par le député Nicaise Fagnon et douze (12) autres députés, à propos du point de l’évolution des chantiers en souffrance dans le secteur de la santé, des problèmes d’infrastructures, d’équipements, de ressources humaines, du bilan et impacts des programmes de santé publique et de protection sociale, il y avait également celle posée par Sacca Fikara et quatre (04) autres députés, relative à la question relative à la réhabilitation et au bitumage des routes de certaines localités du pays. Mais cette dernière question a suscité hier de houleux et vifs débats à l’hémicycle. Selon les auteurs de la question, le 13 août 2014 dernier, au cours d’une conférence de presse, le syndicat national des travailleurs des transports et des travaux publics (Syntra-Ttp) a fait de graves révélations sur les magouilles dans la passation des marchés au ministère des travaux publics. Selon leurs propos, les syndicalistes avaient exposé les irrégularités relatives à quatre dossiers, à savoir le lot relatif au projet de réhabilitation de la route Akassato-Bohicon, les travaux de construction d’un double dalot sur la route en terre Guéné-Karimama, la réhabilitation et le renforcement de la route Parakou-Djougou (lot 1 et 2) et enfin l’aménagement et le bitumage de routes structurantes Comè-Lokossa-Dogbo-Bretelle Zounhoué-Athiémé-Frontière du Togo, Savalou-Tcheti-Frontière du Togo, Logozohè-Glazoué et Djrègbé-Dja-Owodé-Frontière du Nigéria. A en croire les auteurs de cette question, depuis cette conférence de presse, le peuple béninois n’a plus eu droit à aucune explication de la part du gouvernement, comme si de rien n’était. A la suite de ces interrogations, le ministre Aké Natondé, a donné, devant la représentation des éléments de réponses qui n’ont pas du tout convaincu les députés.

Aké Natondé tourne le  couteau dans la plaie

Dans sa réponse hier à l’hémicycle, le ministre des Travaux Ppublics, Aké Natondé a tenté de donner de plus amples informations sur ces différents sujets. Malheureusement pour lui, à en croire les honorables députés, il serait passé à côté de l’essentiel. Entre autres propos du ministre Aké Natondé, il dit qu’il est habitué aux conférences de presse des syndicalistes politiques. Au lieu de répondre clairement aux préoccupations des députés , il a plutôt  exhibé une pile de documents aux députés  aux fins de faire comprendre comment les marchés ont été passés et les raisons qui ont motivé le choix des entreprises retenues pour ces diverses réalisations

Les députés font de révélations et soutiennent les syndicalistes du Mtpt

Pour le député Léon Basile Ahossi, le but de ses interventions non fondées serait de noyer le sujet. Il a détaillé de long en large ce que les syndicalistes ont déclaré. Selon le député Ahossi, pour ce qui concerne la route Akassato-Bohicon, il y a un bureau d’étude béninois qui avait évalué cette route à 52 milliards, mais en actualisant ce montant où les travaux ont commencé, les quelques cadres contactés avec la collaboration des syndicats ont estimé qu’on pouvait l’évaluer autour de 70 milliards. Selon lui, le ministre a fait économie de vérité car l’Union Européenne (UE) s’était porté volontaire pour faire les 40 Km au terminus vers Bohicon et avait demandé au gouvernement de chercher un financement pour les 63 Km restants. Malheureusement, il fait savoir qu’une entreprise chinoise est rentrée dans le jeu. « L’étude faite par le bureau d’étude béninois a coûté environ 300 millions au trésor public. L’entreprise chinoise a refusé de reconnaitre cette étude et aurait demandé plus de 6 milliards pour reprendre l’étude. Son étude nous a conduits à environ 107 milliards pour une route qu’on estimait au réajustement autour de 70 milliards » a martelé le député Léon Basile Ahossi. En son temps, dira t-il, l’ancien ministre des travaux publique s’était insurgé et avait demandé un bureau de contrôle indépendant (…) mais l’entreprise chinoise dit que c’est elle-même qui va fournir le bureau de contrôle et ainsi les 2 milliards que l’UE devrait mettre à notre disposition ont été perdus. Il est revenu également sur les dossiers relatifs aux autres infrastructures querellées.  D’autres députés tels que, Candide Azannai a été très sévère dans ses propos contre le ministre des Travaux Publics. Il a été soutenu dans sa logique  par le député Wakouté Saguifa des Fcbe qui a même reconnu les mérites du syndicaliste Jacques Ayadji. Mais certains députés de la mouvance ont soutenu aveuglement le ministre Aké Natondé. Il s’agit entre autres des députés Emile Tossou, Kora Gounou Zimé, Zacharie Chabi, Daouda Takpara. Au terme des discussions, le président Mathurin Nago a mis un terme à la séance plénière en renvoyant les députés à ce jour où il sera question d’une séance plénière relative au Fonds Fadec.

Les propos acerbes de Nago contre le ministre Aké Natondé

«  Je remarque que ce dossier qui a fait l’objet de débat est un dossier très délicat. Les collègues ont recueilli beaucoup d’informations. Si ces informations étaient exactes, ce serait extrêmement grave. Avant d’arriver à la clôture des débats, je voudrais dire un mot en réponse à notre collègue Eric Houndété qui a fait allusion à une route qui n’est pas programmée dans les débats. Cela m’interpelle. Bien sûr que je ne vais pas