La Nouvelle Tribune

Le professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè à l’Uac : « Ne bradons pas notre Constitution »

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Lors d’une cérémonie organisée en son honneur au campus d’Abomey-Calavi vendredi dernier, le professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè a invité à la préservation de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990. Il s’est aussi inquiété de la trop grande proximité entre le gouvernement et les institutions de contre-pouvoir. 

« La Constitution du 11 décembre (1990) est la Constitution des enfants du Bénin. C’est une œuvre panafricaine qui ne fait pas du mimétisme. Ne perdons pas ce qui fait notre fierté et notre identité. C’est l’œuvre de tous et continuons à la vivre. Ne bradons pas notre Constitution» Ces propos ont été tenus par le professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè ce vendredi 14 novembre 2014 à l’amphithéâtre Houdégbé du campus d’Abomey-Calavi. C’était lors de la cérémonie officielle de remise des Mélanges faits à son hommage. L’initiative de ces Mélanges est de l’Association béninoise de droit constitutionnel (Abdc), dirigée par le professeur Joël Aïvo.  L’ouvrage renferme les actes du colloque organisé en hommage au professeur Maurice-Ahanhanzo par l’Abdc en août 2012. Tenu sur le thème « La Constitution béninoise du 11 décembre 1990 : un modèle pour l’Afrique ? », ce colloque avait rassemblé au Palais des congrès de Cotonou plus de 100 juristes venus d’Afrique et d’Europe. L’édition du document constitue donc le second hommage de l’Abdc au professeur Ahanhanzo-Glèlè. Cette fois, le Père de la Constitution béninoise est d’ailleurs immortalisé, de son vivant, par l’Abdc et toute la communauté de l’Université d’Abomey-Calavi. Assez suffisant pour comprendre la présence du recteur de l’Uac Brice Sinsin, des professeurs Théodore Holo et Honorat Aguessy à l’amphithéâtre Houdégbé vendredi dernier. Pour le président de l’Abdc, rendre hommage à ce baobab du droit constitutionnel au Bénin relève d’une «exigence pédagogique», de «l’honnêteté intellectuelle». Et ce, étant donné que «l’ombre» de l’homme «plane sur la Constitution du 11 décembre 1990.»

Comme il le fait chaque fois qu’il en a l’occasion, le professeur Ahanhanzo-Glèlè en a profité pour prêcher  la préservation de cette Constitution ; avec ses acquis en termes d’Etat de droit et de protection des libertés fondamentales. Son message trouve tout son sens dans un contexte où, malgré la polémique et les contestations, Boni Yayi refuse de lâcher prise concernant son projet de révision constitutionnelle. Et pour rester encore plus coller à l’actualité, le professeur Ahanhanzo-Glèlè n’a pas manqué d’extérioriser son inquiétude face à la trop grande connivence entre le gouvernement et les institutions de contre-pouvoir. Il fait sans doute allusion à cette concertation illégale, mais régulière, entre les présidents des institutions de la République sur les grands sujets de préoccupation nationale. « Ce qui me pose problème, c’est la proximité de plus en plus grande des institutions de contre-pouvoir avec le pouvoir exécutif », s’est-il inquiété, cité par nos confrères de Fraternité, avant d’appeler à la vigilance.