La Nouvelle Tribune

Eric Houndété demande au gouvernement de construire des classes et d’arrêter la propagande

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Deux dossiers d’autorisation de ratification d’accords de financement ont été examinés  lundi dernier à l’Assemblée nationale dont l’un est relatif au projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de financement signé à Washington DC, le 05 juin 2014, entre la République du Bénin et l’Association Internationale de Développement (Aid), dans le cadre du Projet d’Urgence de Gestion Environnementale en Milieu Urbain (Pugemu). Au cours d’une intervention faite sous forme de déclaration, 

Eric Houndété, président du groupe parlementaire Union fait la Nation (UN), a fait de nombreuses révélations sur ce projet. Après avoir  fait remarquer l’importance de ce projet, il est allé même jusqu’à faire le procès du gouvernement par rapport à la mise en œuvre de ces genres de projets. « Si le gouvernement demande l’étude de ce dossier, ce n’est pas pour se préoccuper d’aller construire des salles de classes, c’est pour donner l’occasion de se promener dans le pays pour faire la campagne électorale par les poses de premières pierres » a martelé l’honorable Eric Houndété. Pour terminer, il a posé le problème du choix de priorités par nos gouvernants

L’intégralité de sa déclaration à l’hémicycle

Monsieur le président, je pense que l’essentiel a été dit, il ne reste qu’à faire constater qu’il nous reste à tirer la sonnette d’alarme.

Monsieur le président, permettez –moi de dire que le système éducatif en général est en cours de délabrement. Je pèse bien mes mots. Je le dis avec une gravité exceptionnelle. Je regrette que le ministre de l’enseignement primaire ne soit pas là.

 

Monsieur le président, nos grands parents ont été à l’école sous les paillotes. Dans ces écoles, en premier lieu c’est les apprenants et l’éducateur. Je constate  avec grand regret que les actions qui préoccupent notre gouvernement, ce sont celles qui lui permettent d’aller faire pose de première pierre.

Monsieur le président, chers collègues, nous sommes en train d’être instrumentalisés aujourd’hui là même parce que, si le gouvernement demande l’étude de ce dossier, ce n’est pas pour se préoccuper d’aller construire des salles de classes, c’est pour donner l’occasion de se promener dans le pays pour faire la campagne électorale par les poses de premières pierres. Or la priorité des priorités aujourd’hui, c’est de recruter des enseignants, c’est de mettre des enseignants dans les classes. Comment pouvez-vous imaginer, monsieur le président que chez moi à Nikki et j’insiste là-dessus, il manque que 56 mètres de pavé en plus d’un mois et demi de la reprise des classes. Comment pouvez-vous imaginer que chez l’honorable Débourou à Kpomassè, qu’il manque 180 mètres et 180 classes. La situation est préoccupante. Je saisis l’opportunité que vous m’offrez en me donnant la parole pour tirer la sonnette d’alarme.

 

Monsieur le président, je suis très heureux de voir le ministre du développement Fcbe à côté du ministre de l’urbanisme RB, je ne sais pas comment il va faire avec le Pugemu. Parce que là encore, ce que nous faisons aujourd’hui, c’est que vous aurez l’occasion de promener dans la ville de Cotonou pour dire j’ai fait Pugemu, comment ils vont partager le Pugemu pour que chacun l’utilise pour faire sa campagne. D’ailleurs ça a commencé hier à Kpomassè et je me demande qu’est-ce qui concerne les populations de Kpomassè dans Pugemu ? Rien ne le concerne. Donc c’est pour dire que, ce qui préoccupe le gouvernement, c’est la propagande partout pour parler de tout et de rien. Si je veux que la télévision nationale commence par dire ces choses là, c’est de l’argent et qu’on peut utiliser ça comme il n’y a pas de maîtres dans les classes. S’ils donnaient les cours aux enfants à la télévision, ce serait plus utile que d’immobiliser pour des répétitions inutiles.

Monsieur le président, je vous en supplie. Trouvez les moyens de dire au gouvernement qu’il fait de la merde au lieu de la propagande. Ca pose le problème de choix des priorités dans notre pays, la question des priorités. Il n’est pas normal que dans toute une circonscription scolaire avec des classes de Terminale avec des enfants qui vont au Bac, qu’il n’y ait pas un seul professeur certifié de mathématique au lieu qu’il se promène de Kpomassè à Tori, de Tori à Ouidah, de Ouidah à Abomey-Calavi, ce n’est pas normal. Donc, j’appelle le gouvernement à ce qu’il s’asseye au lieu de se promener, qu’il se donne un ou deux jours pour s’asseoir sur les questions de l’éducation, l’avenir de notre pays, de notre nation se joue aujourd’hui. Demain il manquera de cadres de qualité, dans l’administration, dans les entreprises et même à l’international. C’est aujourd’hui qu’il faut les former, c’est aujourd’hui qu’il faut les encadrer. On ne peut pas les préparer en les envoyant en classe aller bavarder, aller s’amuser en classe et revenir pour ruiner les parents, pour ruiner la nation.

Monsieur le président, voilà ce que je croyais humblement de dire.

Merci monsieur le président

Propos recueillis par Ismail Kèko