La Nouvelle Tribune

Bénin : Yayi trouve le stratagème pour contourner le dialogue politique

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Dans sa volonté de trouver des solutions pour sortir de l’impasse électorale actuelle, le Chef de l’Etat a eu l‘idée de créer un groupe de travail pour appuyer le Cos-Lépi et la Cena. A première vue, cette solution est salutaire mais à dire vrai, c’est un manège pour éviter d’engager un dialogue franc et sincère avec la classe politique qui grince déjà les dents. 

Le mercredi 29 ctobre dernier, alors qu’une bonne frange de la classe politique, majoritairement de l’opposition, marchait aux côtés des organisations de la société civile pour réclamer l’organisation de façon imminente des prochaines élections, le Chef de l’Etat, visiblement abasourdi réunissait à la Marina, les responsables des institutions pour se pencher sur cette impasse. C’est alors qu’il a été mis sur pied un groupe de travail dirigé par le président du Conseil économique et social Tabé Gbian. Ce groupe est chargé d’appuyer les structures impliquées dans l’organisation des élections que sont le Cos-Lépi et la Cena. Entre autres décisions, le gouvernement a décidé d’accorder environ 3,1 milliards au Cos-Lépi mais aussi de demander à l’Assemblée nationale de se voir en urgence pour voter une loi dérogatoire pour abréger les délais légaux prévus dans le code électoral. On aurait pu dire que Yayi a trouvé la bonne solution pour gérer cette impasse électorale qui commençait à inquiéter. Mais cette solution n’est que la sienne. Elle prend à contre pied la classe politique, dans sa majorité dont l’objectif, en organisant cette marche est de contraindre Boni Yayi à accepter de convoquer la classe politique à la table de dialogue. Depuis 2006, le Chef de l’Etat a toujours évité de rencontrer la classe politique qu’il tasse de « médiocre ». Mais pour les forces politiques, surtout de l’opposition, c’est l’étape inévitable dans la mesure où elle permettra à la classe politique de mettre dans la balance des recettes ses propositions pour la sortie de crise. La création d’un groupe de travail composé des membres des institutions dont les prérogatives sont bien définies par la constitution apparaît donc un manège subtil pour éviter de faire le dialogue politique pourtant exigé par le code électoral en période de crise. Mais avec ce groupe de travail, Yayi va atteindre un autre objectif. Celui de reprendre la main sur certaines institutions comme le Ces dont l’actuel président est soupçonné d’être un bras droit du général Gbian, son frère. Au sein de la classe politique, on attend toujours la convocation de ces assises que le gouvernement lui-même a entérinée lors du Conseil des ministres du 29 octobre. Lors d’un point de presse tenu le vendredi 31 octobre, l’honorable Lazare Sèhouéto, coordonnateur de l’Un, a averti Boni Yayi des risques qu’il court en restant sourd à la convocation du dialogue national car il sera le seul à payer le prix de son entêtement