La Nouvelle Tribune

Budget général de l’Etat exercice 2015 : l’alliance Abt dénonce un budget irréaliste

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Quelques semaines après l’adoption en Conseil des ministres du Budget exercice 2015 de l’Etat envoyé à l’Assemblée nationale,  le professeur d’économie et de gestion Sébastien Azondékon, a procédé hier au siège de l’Alliance Abt, à l’analyse critique dudit budget qui comporte selon lui des propositions irréalisables.

« Le développement n'est pas de la prophétie» a lancé hier, l’économiste Pour l’économiste enseignant à l’université du Québec en Outaouais et conseiller à l’économie de  l’alliance Abt, qui a procédé à une analyse critique du budget exercice 2015 que le gouvernement béninois a envoyé à l’Assemblée nationale pour adoption. De cette analyse dont les parlementaires peuvent tirer des éléments pour faire ce que de droit, il ressort que le gouvernement béninois a garni son budget de mirobolantes propositions irréalisables. Dans son document, rappelle le conférencier «Le gouvernement table ses prévisions budgétaires sur les perspectives au niveau mondial et régional favorables pour les partenaires du Bénin, avec pour corollaires, l'accélération des conditions sur le marché du travail et du logement, l'atténuation des effets négatifs de la fiscalité ». Il s’agit selon l’économiste d’un constat «juste» mais « les effets positifs induits de la croissance mondiale ne se répercutent que sur les pays qui  s'y préparent ». Ce qui n’est pas le cas au Bénin à l’en croire et ces éléments évoqués  sont des facteurs exogènes sur lesquels il n'a aucune emprise. Le Gouvernement Yayi table également ses prévisions économiques sur les perspectives favorables en Afrique Subsaharienne avec une croissance forte (5,5%) en fin 2014 en raison de l'assimilation de l'offre intérieure et d'un environnement mondial favorable.  Pour M. Azondékon, « c'est trop optimiste de croire que notre pays entrera dans cette fourchette de croissance en fin 2014 ». Ceci parce que les taux réels de croissance enregistrés par le Bénin depuis trois ans ont toujours été en deçà de la moyenne régionale.

Des hypothèses inconsistantes

Quatre hypothèses fondent le Budget 2015 du gouvernement Yayi.  «Hypothèse1: la poursuite des réformes portuaires ». Oui bien sûr, reconnaît-il, mais malgré les réalisations, les côtes togolaises sont inondées de navires en attente de déchargement, pendant que le port béninois souffre cruellement d'une pénurie criarde d'escale de navires. quoique certainement pertinentes, ces réformes n'ont pas permis encore de rendre notre port plus attractif et compétitif. A l’hypothèse2 « l'augmentation de la production agricole, notamment les produits vivriers et la production du coton qui atteindrait les 400 000 tonnes en 2015 et devrait progressivement atteindre les 500 000 tonnes en 2017 en lien avec la baisse des prix des intrants, l'augmentation des rendements et de l'encadrement des producteurs », il trouve que c’est difficilement acceptable en raison du fait que les conditions ne sont pas bien remplies pour y parvenir. Même constat pour les deux autres hypothèses qui à son analyse relèvent du faux.