La Nouvelle Tribune

Guéguerre entre Yayi et le G13

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Dans quel camp se trouve la vérité ?: Le refus du G13 de participer au troisième gouvernement du changement, est expliqué par le président Boni Yayi et son ministre de la justice et porte-parole, Victor Topanou comme le résultat de la non satisfaction de leur principal revendication :  la filière des véhicules d’occasion. Les membres de ce regroupement  viennent de réagir en déplorant qu’au sommet de l’Etat, on s’adonne au mensonge. Finalement, à la lumière des éléments en présence, qui dit la vérité ?
A travers une déclaration rendue publique hier, les membres du G13 apporte leur part de vérité. En effet, ils affirment que c’est le gouvernement même qui a « engagé des négociations avec les opérateurs économiques du secteur des véhicules d’occasion » qui sont dans leur rang. Ils précisent que cette question ne figure d’ailleurs pas sur leur plate-forme revendicative et que cela ne relève que d’une considération individuelle.

Autrement, la question des véhicules d’occasion est une question que le gouvernement a traitée individuellement avec certains membres du G13 qui mènent des activités dans ce domaine. Et pourtant, le gouvernement soutient le contraire.  Ce qui surprend cependant. Car, au sein du G13, il n’y a pas plus de quatre membres qui soient des acteurs du secteur des véhicules d’occasion. Cela suffit-il pour généraliser cette exigence à tout le groupe ? Le gouvernement agite que les membres du G13 réclament le secteur des véhicules d’occasion. Les membres de ce creuset n’ont pas démenti mais ont nuancé en ce qu’elle est une proposition faite par le gouvernement à des individus, opérateurs économiques et membres du G13. Pendant ce temps, le gouvernement ne parle aucunement de ce qu’il a mis dans la balance des négociations.
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Qu’a proposé le président Boni Yayi aux membres du G13 ? Les Béninois veulent bien savoir. Le G13 enfonce d’ailleurs le clou et soutient sa déclaration par le fait que cette négociation individuelle s’inscrit dans la logique de débauchage de leurs militants. A ce niveau, avec les exemples qu’on connaît, est-ce là une affirmation gratuite du G13 ? D’un autre côté, on s’interroge sur les raisons qui ont poussé le président et son ministre porte-parole à mettre sur la place publique les termes d’une négociation qu’ils ont pourtant initiée eux-mêmes. Il se dégage de cette manière de faire, une volonté affichée de ne pas aller à une véritable entente avec la partie adverse. Si non, comment comprendre que tous les jours, le gouvernement affirme sa volonté de composer avec toute la classe politique, et qu’en contrepartie, il ventile les conversations du derrière le rideau. 
Benoît Mètonou