La Nouvelle Tribune

Relations froides entre le Parlement et l’exécutif : les craintes d’un éventuel blocage des travaux au Parlement

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« Le problème du faible taux de transfert, c’est un problème fondamental, c’est un problème important et je voudrais profiter de la présence du ministre en charge des relations avec les institutions pour dire que le gouvernement ne joue pas entièrement son rôle. Ce n’est pas la première fois, c’est régulier, c’est récurrent et nous sommes obligés d’écrire plusieurs fois au gouvernement pour lui rappeler que selon les dispositions légales, au début de chaque trimestre, nous devons recevoir une dotation. 

Nous avons toujours observé beaucoup de retard, mais nous avons aussi des obligations… Mais jusque-là, nous sommes arrivés à fonctionner cahin-caha. Donc je souhaite qu’avant la fin de ce mois ou bien avant la fin de la première semaine d’octobre, le gouvernement réagisseassez rapidement, au besoin en organisant un conseil des ministres ». C’est en ces termes qu’il y a environ une semaine, le président de l’Assemblée Nationale, Mathurin Coffi Nago rappelait au gouvernement le retard criard constaté dans le transfert de ressources à l’institution parlementaire. Alors qu’à la date du 30 septembre dernier, le gouvernement n’a transféré qu’un faible taux de 48% de ressources à cette institution alors que ce taux devrait couvrir seulement le premier trimestre de l’année en cours. Une situation décriée par beaucoup de députés en plénière ce jour et confirmée par le président Nago lui-même. Mais la question est de savoir quelles sont les vraies causes de ce retard alors que l’institution parlementaire a un budget autonome de fonctionnement ? Pour certains, c’est peut-être la froideur des relations qui existent depuis peu entre l’exécutif dirigé par le président Boni Yayi et le législatif présidé par le professeur Mathurin Coffi Nago. Même si c’était le cas, est-ce une raison pour bloquer les activités du parlement ? Le président Nago a rappelé à ses collègues que, malgré ce faible taux de transfert de ressources, l’institution continue de fonctionner cahin-caha et jusqu’à quand ? Dans tous les cas, le président de l’Assemblée Nationale vient de lancer une dernière fois un ultimatum au gouvernement et à son chef afin que, d’ici la fin du mois dernier ou au plus tard dans la première semaine du mois d’Octobre en cours, que ces ressources soient transférées, s’il faut que le conseil des ministres se réunissent pour statuer de façon urgente sur leur cas. Nous voilà déjà à la fin de cet ultimatum, mais rien n’a apparemment pas encore bougé. C’est dire que des craintes de blocage des activités de l’Assemblée Nationale émises par les responsables de cette institution résonnent comme autant de signaux forts à l’endroit de l’Exécutif. Surtout que, la session budgétaire 2014 démarre le 28 octobre. On pourrait redouter que les députés la boycottent en guise de protestation à cette situation de faible transfert de ressources financières que connait leur institution. La balle est aujourd’hui dans le camp du gouvernement qui peine toujours à réagir aux cris de détresse des responsables de l’institution parlementaire.