La Nouvelle Tribune

Pour défendre la démocratie et Mathurin Nago : l’appel de Cotonou pour barrer la voie à l’arbitraire

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Un nouvel obstacle se dresse contre Yayi sur le chemin de l’arbitraire politique. Samedi dernier, des milliers de citoyens venus de toutes les régions du Bénin se sont retrouvés au Palais des congrès  de Cotonou pour la création du Mouvement pour le sursaut patriotique (Msp) dont les géniteurs comptent parmi les proches collaborateurs de Mathurin Nago.

«  Agir et non gémir », telle est la devise du tout nouveau mouvement politique lancé ce samedi au Palais des congrès de Cotonou par des hommes peu connus du sérail politique mais proches du président de l’Assemblée nationale Mathurin Coffi Nago qui a d’ailleurs parrainé ce congrès. Tous ont compris qu’il est désormais temps d’agir afin que la démocratie béninoise ne soit pas bradée. Dans son allocution d’ouverture, le président du comité préparatoire Kakpo Mahougnon faisait un état des lieux assez critique. « Nous observons depuis quelques temps une destruction organisée des fondements de la démocratie dans notre pays ; nous observons une volonté manifeste de nos dirigeants de ralentir le processus de correction de la Liste Electorale Permanente Informatisée (Lépi) et de rester sourds aux appels des Béninoises et des Béninois épris de démocratie, de paix et de justice ; nous observons une destruction organisée du tissu social qui génère une multiplicité de crises sociales et qui plongent quotidiennement le peuple dans l’inquiétude, l’angoisse et la peur ;

Bénin : Nago fait le procès du gouvernement Yayi

nous observons une insolente indifférence de nos dirigeants face à une grogne sociale de plus en plus persistante, caractérisée par un mécontentement général dans la Fonction Publique, par des grèves répétées qui perturbent les calendriers scolaires et universitaires ainsi que par l’accès difficile aux soins de santé et aux services de la justice ; nous observons un effritement continu des opportunités de travail et une montée drastique du chômage des jeunes à cause de l’inadéquation des solutions proposées ; nous observons que la fraude, la corruption et d’autres maux bien plus graves sont devenus la norme privilégiée dans notre pays », a-t-il fait constater avant d’exiger les élections à bonne date, l’achèvement inconditionnel de la correction de la Lépi, le respect scrupuleux des libertés fondamentales. Cette déclaration a reçu un écho favorable auprès des hommes politiques présents. De Candide Azannaï à Gaston Zossou en passant par Robert Antoine Détchénou, Hélène Aholou Kèkè, Sodokin Kodjo….tous ont reconnu que la démocratie est en danger au Bénin.

« Je ne soutiens pas dans le mal… »

Bien que plus prudent et plus réservé dans son intervention, Le président Nago n’a pas manqué de tirer sur la sonnette d’alarme. Tout en soutenant la création de ce mouvement, il affiche sa détermination pour l’action politique.  « On ne peut pas continuer de gémir. Que nous soyons de la mouvance ou de l’opposition, personne ne veut faire partie d’une équipe qui a échoué. Ne croyez pas que nous avons fait seulement le 31 août ; nous l’avons toujours fait à deux ou à plusieurs. Ce n’est pas hier ou il y a un an que nous le disions mais depuis plusieurs années. Nous sommes l’objet de plusieurs représailles. Et nous l’avons géré…Je ne soutiens pas dans le mal, le mensonge. D’accord pour les compromis mais non aux compromissions. Et si c’est ça qui doit amener des représailles, nous l’assumons. Le problème n’est pas qui sera Président en 2016 car avant d’être Président, il faut que le pays existe. Le combat pour la défense de la démocratie est inévitable. Que ceux qui n’ont pas encore compris et que ceux qui ont compris, il y a quelques mois prennent la décision de s’engager pendant qu’il est encore temps. Ce que nous souhaitons est que chaque Président qui fait son mandat puisse vivre en paix ; que quelqu’un qui a dirigé ce pays n’ait pas de problèmes demain. C’est celui qui le lui dit qui est son frère. Ce qui est dit ici et là n’est dirigé contre personne. C’est le chemin  de la sagesse noble et patriotique. », a-t-il dit avant de conclure en disant que ce qu’il fait n’est fait contre personne.