La Nouvelle Tribune

2016 : l’appel d’Amos Elègbè à la classe politique béninoise

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Invité de l’émission Zone Franche de la télévision Canal 3 Bénin dimanche dernier, Amos Elègbè, conseiller spécial aux affaires politiques de Boni Yayi a donné un avertissement aux grands regroupements de l’échiquier politique national : s’ils ne s’organisent pas, tout comme en 2006, le prochain président de la République ne sortira pas de leur rang.

Le 06 avril 2016, le Bénin connaîtra un tout nouveau président. L’actuel, Thomas Boni Yayi étant à son second et dernier mandat constitutionnel. L’homme a d’ailleurs rappelé à maintes occasions son engagement à respecter la Constitution. Il n’envisage aucunement sauter le verrou de la limitation de mandat, que prescrit l’article 42 de la loi fondamentale béninoise pour, tenter d’en briguer un troisième. Dans certains cercles restreint, on parle avec conviction, de l’existence d’un plan bien orchestré par les thuriféraires du régime en vue de rallonger le séjour de leur chef à la tête du pays. Des actes et paroles de personnalités pro-Yayi tendent à donner raison à ceux qui parlent de l’existence d’un plan de ce genre. Le président du parti du Renouveau Démocratique (Prd), Me Adrien Houngbédji en a d’ailleurs fait cas lors de récent passage sur l’émission Zone Franche de Canal 3 Bénin. Tout compte fait, il faut créditer Boni Yayi de bonne foi. Et d’ailleurs, le peuple et les leaders d’opinion, déterminés à préserver les acquis de la Conférence nationale, ne lui permettront pas de réaliser son rêve machiavélique, s’il était avéré.

Plus d’oiseau rare

Il faudra commencer par s’interroger sur le profil du prochain président de la République. Les Béninois vont-ils encore faire le choix de l’oiseau rare, un président sans passé politique, ni expérience en matière de gestion des affaires publiques d’un pays ? Cela dépendra en grande partie des partis politiques et alliances de partis politiques qui doivent œuvrer à faire élire à la tête du Bénin un Président qui en a les qualités et les compétences.

 Amos Elègbè, conseiller spécial aux affaires politiques de Boni Yayi en a d’ailleurs fait cas dimanche dernier sur Zone franche. « Si en 2016, la classe politique ne s’organise pas, un autre populiste va prendre le pouvoir », a-t-il déclaré à nos confrères de la télévision Canal 3. Il s’agit là d’un véritable appel d’Amos Elègbè à la classe politique. Ce qui appelle à une rupture avec la déplorable pratique de « l’oiseau rare ». A travers cette déclaration, il fait sans doute allusion aux conditions dans lesquelles le président Boni Yayi est arrivé au pouvoir en avril 2006. Sans passé politique, ni véritable expérience en matière de gestion des affaires étatiques, Boni Yayi, candidat indépendant a pu se faire élire à la grande surprise de bon nombre d’observateurs. Et ce, face à de vieux briscards politiques comme Adrien Houngbédji et Amoussou Bruno. Les atermoiements, rétropédalages, atteintes à la démocratie et cultes excessifs de la personnalité, auxquels on assiste depuis l’avènement du régime du changement-refondation s’expliquent dans une large mesure par le profil et la personnalité de Boni Yayi. Qui ne manque pourtant pas de bonne vision pour le Bénin. Ce bout de phrase sorti par Amos Elègbè sur Canal 3 est une vérité sans équivoque. Et les différents blocs politiques actuels doivent en tenir grands compte. Sinon, les Béninois se coucheront le 05 pour se réveiller le 06 avec un autre « oiseau rare ». Bonjour les dégâts ! Avec du Yayisme sans Yayi.