La Nouvelle Tribune

Boycott du vote de la limitation du recours aux mesures exceptionnelles

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Ils dénoncent les dérives du changement
Les G13, G4 et Force clé dénoncent les dérives du changement
(Lire leur déclaration) Les députés se réclamant des groupes politiques G13, G4 et Force clé ont quitté hier soir la salle de la plénière sans avoir participé au vote sur la limitation du recours du chef de l’Etat à l’article 68 de la Constitution. Et pour cause !  « (…) Nous refusons, ont-ils annoncé dans une déclaration avant de claquer la porte de l’hémicycle, un collectif budgétaire qui permet de couvrir des promesses fantaisistes et électoralistes et qui violent toute orthodoxie financière (…) ». Deux d’entre eux, Epiphane Quenum et El hadj Yacoubou Malêhossou de la Renaissance du Bénin (Rb) n’ont pas fait le même mouvement. Ils sont plutôt restés dans la salle où ils ont participé au vote du rapport de la commission qui a proposé de limiter le recours à l’article 68 de la Constitution par le chef de l’Etat à hier minuit. Ainsi, le vote après le départ des députés des G13, G4 et Force clé a été conclu par 35 voix pour le délai fixé par la commission des loi et 8 abstentions dont celles des deux députés de la Rb.
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{joso}La déclaration des députés G4, G13, Force clé
(relative aux ordonnances prises par le Chef de l’Etat à propos du budget remanié 2008  et des modifications au code des investissements)

Chers Collègues
Nous sommes encore une fois appelés à prendre une loi portant fixation du délai au terme duquel le Chef de l’Etat ne peut plus prendre des mesures exceptionnelles.
 
Chers Collègues,  
Les députés signataires de la présente déclaration voudraient inviter chacun de nous, à prendre l’exacte mesure de la situation de notre pays. Nous souhaitons que, chacun de nous, fasse l’effort de transcender nos barrières particulières pour oser voir en face la réalité de la situation nationale. Pourquoi le Président Yayi s’est-il vu obligé de prendre les deux ordonnances ? N’y a-t-il pas un autre moyen de les  éviter ? Pourquoi fait-il appel principalement à la prétendue « société civile », en évitant les centrales syndicales des travailleurs et des Etudiants ? Pourquoi, à la rencontre avec la prétendue « société civile », le Président de la République s’est-il senti obligé de dire à l’assistance de nombreuses contre-vérités du genre, que les députés du G13 n’ont pas voulu aller au gouvernement, parce qu’il n’a pas accepté de leur retourner la gestion de l’escorte des véhicules d’occasion ? Pourquoi le long de ses audiences et même face aux diplomates étrangers, le Président de la République se résout à jeter le discrédit sur les députés qui refusent de se soumettre à son diktat ? Après avoir envoyé ses ministres s’exprimer sur les antennes des radios et des télévisions,pourquoi a-t-il refusé le débat contradictoire que nous avons demandé en bonne et due forme, pour éclairer l’opinion, sur les tenants et les aboutissants du vote de rejet de la Loi des finances rectificatives 2008 ?
 
 La situation est grave et il faut le reconnaître !
Car, comme vous, le Président Yayi Boni sait que notre position ce n’est pas un refus de principe de tout collectif budgétaire. Nous refusons un collectif budgétaire qui permet de couvrir des promesses fantaisistes, électoralistes et contraires à l’orthodoxie financière et à la bonne gouvernance. Nous refusons d’entériner, sans autres formes de procès, des travaux effectués à des prix prohibitifs. Nous refusons un budget remanié qui camoufle des milliards de nos francs,  qui sont et seront dépensés sans transparence, dans une parodie de légalité, avec notre complicité.
 
Même vous, chers Collègues de la FCBE, n’êtes vous pas gênés, gênés  de voir votre gouvernement se donner 8 à 9 milliards de « dépenses diverses » dans un budget remanié ?
 
La situation est grave et il faut le reconnaître !  
Le Président Yayi Boni ne sait-il pas, comme vous, qu’un collectif budgétaire, sert à faire face à des situations imprévisibles et non pour satisfaire sa volonté de puissance ?  
Le Président Yayi Boni ne sait-il pas, qu’il peut aussi intégrer dans le budget 2009, les dépenses justifiées ou jugées inévitables, effectuées ou à effectuer sur le front social et dans certains domaines cruciaux ?
Le Président Yayi Boni ne sait-il pas, qu’il ne peut pas dépenser en l’espace de trois (3) jours, toutes ces ressources qu’il vient de s’octroyer, vu que la clôture des engagements budgétaires est fixée pour le 7 Novembre 2008 ?
Comment peut-on savoir tout cela et recourir à des ordonnances, si l’on n’a pas fait une option contre-productive, de se nourrir de tensions politiques permanentes, de conflits inutiles et de provocations puériles ? Peut-on croire, que le Premier Magistrat ne veuille de la paix dans sa Nation ?
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Chers Collègues,  
Fondamentalement, vous savez que le budget remanié 2008 est mauvais, ne serait-ce que parce qu’il cache des atteintes graves à la loi. Par exemple, la route « Aéroport de Cotonou – Trois banques » est en construction. Un financement de la BIDC est attendu, mais l’accord de financement n’est même pas encore, à ce jour, soumis au parlement. Est-ce normal de démarrer les travaux dans ces conditions ? N’avons-nous pas, à maintes reprises, reproché au gouvernement ce fonctionnement contraire à la loi ? Devons-nous continuer à accepter que le Président Yayi Boni s’inscrive dans ce registre du viol permanent de la Loi ?
 
Chacun de nous sait, que la deuxième ordonnance relative au code des= investissements, ne se justifie ni légalement, ni moralement. Vous savez dans quelles conditions la première ordonnance sur ce même objet a été prise. Vous savez que, quelques semaines après cet acte, sans l’avoir appliquée une seule fois, le Président de la République a senti la nécessité de modifier sa propre ordonnance. Vous savez qu’il nous a envoyé, à l’Assemblée, un projet de loi à cet effet. Vous savez aussi que ce projet a été retiré, sans qu’aucune explication ne soit fournie.
Et nous voilà, avec une nouvelle ordonnance, qui modifie son ordonnance et qui donne à un investisseur connu, des avantages exorbitants et injustifiables.
Le Président de la République sait ce qu’il fait, il sait quel intérêt il sert, il sait aussi qu’il ne veut pas soumettre à un débat démocratique, au parlement par exemple, les engagements occultes qui irriguent toutes ces méprisables gymnastiques auxquelles nous avons assistées.  Quel crédit, reste-t-il, à ce pourfendeur de la corruption, qui a marché, marché sur tant de kilomètres ? La transparence, la bonne gouvernance, la reddition des comptes, toutes ces bonnes intentions sont-elles définitivement réservées et cantonnées au discours et aux professions de foi ?
 
Chers Collègues,
Nous sommes à un carrefour historique. Il appartient à chacun de nous d’arrêter la dérive, par amour pour la patrie, par pitié pour les générations montantes, par générosité pour nos enfants qui nous observent, qu’on soit de la FCBE ou d’une autre obédience. Nous n’avons que ce seul pays.  C’est donc pour réitérer notre ferme conviction d’œuvrer pour la sauvegarde de la démocratie et des droits légitimes des populations que nous refusons de nous associer à cette utilisation abusive des ordonnances devenues subitement un instrument ordinaire de gestion de l’Etat. Sauvons donc le Bénin, notre cher pays, de la descente forcée aux enfers.
 
Fait à Porto Novo, ce 6 Novembre 2008
et présentée par l’Honorable Augustin AHOUANVOEBLA
{/joso}