La Nouvelle Tribune

Sacca Lafia : « Je vais mettre les bouchées doubles pour respecter le délais de novembre »

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Suite aux vives réactions suscitées par les propos du Président Boni Yayi à N’dali sur l’organisation des élections, le Gouvernement a été obligé de réagir et ce, de façon concrète. Réunis en Conseil des ministres extraordinaire mardi dernier, Boni Yayi  et les siens ont décidé de mettre les ressources à la disposition des structures en charge de la correction du fichier électoral et de l’organisation des élections. 

Le Conseil d’orientation et de supervision des opérations de correction de la Liste électorale permanente informatisée ((Cos-Lépi) aura 2 milliards Fcfa et la Commission électorale nationale autonome (Cena), 500 millions. Dans une interview accordée à nos confrères de Soleil Fm, le député Sacca Lafia, président du Cos-Lépi, apprécie le geste du gouvernement et évoque la suite des événements Il rassure qu’on peut toujours espérer une Lépi corrigée pour fin novembre au plus tard. Cela, si les 2 milliards promis sont effectivement décaissés à temps.

Soleil Fm : Quelle est votre réaction à l’annonce du décaissement de 2 milliards faite par le Gouvernement?

On ne peut qu’exprimer notre satisfaction.  Quand nous avons demandé le 6 août dernier par une communication en bonne et due forme, et la communication avait bien indiqué que c’est  4 milliards fcfa on voulait. En réponse à cela, on nous avait donné 500 millions. Si  hier, le Conseil des ministres dit qu’il va nous envoyer 2 milliards. On ne peut que s’en féliciter et s’en réjouir. Je remercie le Gouvernement pour ce geste.

Est-ce que vous avez déjà une notification des deux milliards ?

Non. Pas du tout. J’ai appris ça au même moment que vous. Peut être que   vous l’avez appris avant moi. Quand c’est dit comme ça, il y aura un jeu d’écriture qui va se passer probablement vendredi ou lundi prochain  et notre compte sera crédité.

Alors si le compte est crédité, que peut-on espérer ensuite ?

J’ai déjà dit le 30 novembre.  C’est bon.  Je vais m’arranger. Voir l’approche que je peux voir. Donc moi, je vais mettre les bouchées doubles pour pouvoir respecter ça.

Est-ce que tous vos collaborateurs sont mobilisés pour que vous teniez dans les délais et qu’on puisse aller aux élections avant la fin de l’année ?

C’est  un travail multidimensionnel. Il y a des aspects politiques que les députés gèrent et les aspects techniques que les techniciens gèrent. Et à l’intérieur des techniques là, on a besoin d’une main d’œuvre importante  de jeunes techniciens compétents. Donc nous sommes près de 10 mille personnes à travailler à certain moment, parfois 1000 ou 400. Donc, il faut pouvoir mobiliser tout ce personnel, le former et l’envoyer  sur le terrain. Quand on va sur le terrain, il y a des choses qu’on planifie pour  une semaine et on s’aperçoit qu’il faut deux semaines. Et il y a  des choses qu’on planifie pour trois semaines  et on constate qu’en deux semaines, on les a terminées. Toujours est-il que nous travaillons dans des conditions un peu difficiles : l’insalubrité, l’électricité. Pour nous, ce qui est important, c’est que la liste sorte. On veut un travail de qualité, un résultat de bon aloi. Des efforts particuliers doivent être faits. Et je voudrais dire que jusque- là, nous ne sommes pas au- dessus du budget  qu’on a présenté au Gouvernement. Nous sommes toujours en deçà. On est toujours encore dans les normes. On n’a pas outrepassé notre budget.

Donc, en réalité il n’y a pas d’inquiétude ?

A cette étape-là, on n’est pas inquiet. S’il n’y a pas d’autres évènements qui arrivent et qu’on met effectivement les deux milliards à notre disposition, et à temps, nous y croyons. Même les 2 milliards sont déjà complètements consommés. On doit décaisser 900 millions pour une (!) qui avait travaillé sur l’audit participatif. Près de 300 millions aux crieurs publics et aux chefs de village, près de 450 millions aux agents qui nous avaient aidés à faire la lecture optique. Sans compter maintenant les imprimeurs, les opérateurs technologiques. Jusque-là on a travaillé à crédit et c’est maintenant qu’il faut rembourser les crédits.

Mais ça permettra quand même d’avancer sérieusement?

De toutes les façons, oui ! On est plus tranquille maintenant. Si on paye ce qu’on doit aux crieurs publics, aux délégués, on peut compter sur leur collaboration pour la phase qui suit qui est l’enregistrement   complémentaire. Mais si on ne les paye pas, on ne peut pas compter sur leur collaboration. Cela pourrait être dommageable pour nous.  Ce qui me gène c’est qu’on en fait un évènement. Ça ne devrait pas constituer un évènement. Ça devrait être tout naturel. Puisque le Gouvernement est informé qu’on doit mobiliser cette somme-là. On devrait nous décaisser cet argent sans même grand tapage médiatique. C’est dommage qu’on en fasse un évènement. Le budget qu’on a présenté, c’est celui qu’on exécute depuis 2013. Depuis Juin, juillet 2013, c’est celui-là qu’on exécute. On n’est pas parti au-delà. On n’a pas encore doublé, on n’a rien modifié. Donc normalement dans le budget général de l’Etat, exercice 2014, le Gouvernement devrait avoir prévu ça.

Propos recueillis par Soleil Fm