La Nouvelle Tribune

Prise de nouvelles ordonnances

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Boni Yayi dans l’impasse
Comme annoncé, le chef de l’Etat a recouru hier à l’ordonnance pour faire passer le collectif budgétaire rejeté par l’Assemblée nationale. En raison de la configuration actuelle du Parlement et de ses relations tumultueuses avec la classe politique, la seule voie qui s’offre à lui pour mener à bien sa politique décriée par beaucoup de Béninois, c’est la prise des mesures exceptionnelles.

Le président Boni Yayi est apparemment dépassé par les événements, surtout que la crise politique à l’ère du changement s’aggrave. Même au lendemain du remaniement ministériel, l’horizon est encore sombre pour le pouvoir en place. À l’Assemblée nationale, le G13, le G4 et Force-clé sont décidés à lui créer tous les ennuis politiques qu’il faut pour le ramener à l’ordre. Aujourd’hui, le gouvernement pense qu’il ne vaut certainement plus la peine de négocier avec les acteurs politiques,  car d’une part, ces derniers ont des positions tranchées contre lui, et d’autre part, une seconde lecture du collectif budgétaire n’est plus possible.
En rejetant la loi rectificative des finances 2008, les députés opposés aux Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont soulevé des questions de dépenses sombres et faramineuses. Par exemple, il y a plus de 07 milliards pour la réfection du palais des congrès de Cotonou, 300 millions pour la clôture du camp militaire de Parakou, 09 milliards pour les dépenses imprévues. Cette situation a suscité la réaction des représentants du peuple qui ont décidé de rejeter ce collectif budgétaire. Par contre, le gouvernement, à plusieurs reprises, a démontré que l’Assemblée nationale s’est réfugiée derrière les questions politiques pour agir contre lui. Depuis ce temps, les deux parties ont gardé chacune des positions tranchées.
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Dans l’impasse

Le rejet du collectif budgétaire et la prise de nouvelles ordonnances sont la preuve que la crise politique se cristallise davantage. En l’absence d’une  majorité au sein du parlement, le président est désormais contraint de prendre ses importantes décisions par la force.  Puisque la majorité parlementaire actuelle, à moins d’une cassure éventuelle restera à coup sûr campée sur sa position, celle de rejeter tous les actes importants du pouvoir. Un tel bras de fer pourrait alors durer tout le reste du mandat de Boni Yayi. Dans cet ordre d’idées, il  risque de prendre à nouveau les mêmes mesures exceptionnelles pour faire passer le budget général de l’Etat exercice 2009.  Va-t-il gouverner le pays par ordonnance jusqu’à la fin de son mandat ? A l’allure où vont les choses, il n’est pas exagéré de répondre par l’affirmative, si la crise est restée sans solution, surtout qu’aucune des deux parties ne veut faire des concessions. Comme le dit un homme africain à son adversaire : « Il va gouverner debout ». Cela veut dire qu’il ne gèrera que des crises jusqu’à la fin de son mandat. Au Bénin, on a l’impression que les portes de la négociation sont fermées pour le président Boni Yayi. Le niveau de la crise de confiance a atteint son paroxysme. Ainsi, l’horizon est sombre pour l’actuel régime.

Jules Yaovi MAOUSSI