La Nouvelle Tribune

Visites des directions sous tutelle

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Un éternel recommencement
Les nouveaux ministres du changement ont commencé la traditionnelle visite tous azimuts des directions sous tutelle. Ceci n’est pas étonnant, car c’est un rituel auquel les Béninois sont habitués.

Comme leurs prédécesseurs, ils vont s’enquérir des problèmes auxquels sont confrontés leurs administrés, afin d‘en trouver des solutions, disent-ils. Tout le cabinet de chaque ministre se déplace pour la cause. Des promesses sont faites comme d’habitude aux directeurs centraux et à leurs collaborateurs pour les sortir de leur situation précaire. Et pourtant ! Tout se passe comme si après ces sorties, tout est rangé au placard. Plus personne n’y pense et les mêmes difficultés persistent et s’aggravent au fil du temps. Par ces comportements, il n’est pas exagéré de croire que la formule selon laquelle « l’administration est une continuité » est un simple slogan qui n’engage que ceux qui y croient. Ainsi, tout est à reprendre au lendemain de chaque remaniement ministériel. Opérateurs économiques, personnalités et autres usagers de l’administration seront dans l’obligation de recomposer avec les nouvelles autorités qui doivent s’imprégner des dossiers, avant de prendre des décisions en conséquence.
Tout ce méli-mélo dans le secteur public béninois déjà gangrené par la corruption et sa lourdeur aggrave la situation pour les uns et les autres. Beaucoup de Béninois pensaient qu’à l’ère dite de changement, les choses allaient évoluer mieux. Erreur ! Tout se complique à tous les niveaux. Ceci constitue un véritable frein pour le développement ou l’émergence du Bénin que l’on chante sur tous les toits sous le régime du président Boni Yayi. C’est la preuve qu’aujourd’hui  les actes posés sont en parfaite contradiction avec les intentions affichées. Dès lors, il est temp que le chef de l’Etat mesure le degré de la gravité de la situation pour en tirer des leçons pour la construction d’un Bénin émergent, si telle était son ambition réelle. Il va falloir qu’il prenne ses dispositions, avant qu’il ne soit trop tard.

Jules Yaovi MAOUSSI