La Nouvelle Tribune

CES : la Cstb dénonce le piétinement des acquis des travailleurs et appelle à la mobilisation

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la faveur d’un point de presse ce lundi 14 juillet 2014 à la Bourse du travail, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) s’est prononcée sur la désignation le 09 juillet dernier des représentants des organisations syndicales des travailleurs au sein du Conseil économique et social (Ces), 5ème mandature.

 Aux dires du Secrétaire général Paul Essè Iko, le boycott de cette séance du 09 juillet par sa Confédération n’est nulle part, une politique de chaise vide mais plutôt le refus de prendre part à ce qu’il qualifie de «simulacre d’élections», et d’être coupable de la violation de lois pour priver les travailleurs et les peuples de leurs droits. En ces élections, le Sg voit «la poursuite de la répression des travailleurs et des responsables qui les défendent d’un côté, et de l’autre, de la récompense des traîtres». «Aller cautionner le piétinement des acquis des travailleurs est un crime contre la démocratie» défend-t-il.

Pour justifier sa position, le conférencier évoque entre autres, la loi N° 98-004 du 27 janvier 1998 portant code du travail en République du Bénin qui pour lui a déjà tout clarifié sur les questions de représentativité des travailleurs. Cette loi stipule en son article 83 alinéas 3 que «le caractère représentatif des organisations syndicales est déterminé par les résultats des élections professionnelles.» rappelle le conférencier. Alors, rappelant les résultats des dernières élections professionnelles de 2006 qui sont encore en vigueur selon les textes précités - Cstb (44,76%),  Csa-Bénin (18,51%), Cgtb (16,63%), Cosi-Bénin (11,42%), Unstb (5,25 %), Csub (1,78 %), Cspib (1,64 %), il se demande comment comprendre qu’on puisse former un collège électoral en demandant à celui qui a près de 45% de désigner cinq (5) personnes au même titre que ceux qui ont respectivement  18 ; 16 ; 11 ; 5 ; 2 ou 1% du suffrage exprimé aux élections. Il s’agit simplement d’une exclusion de la Cstb, trouve le Sg qui lance un appel de mobilisation de tous les travailleurs à propos. Lire en encadré cet appel.

APPEL AUX TRAVAILLEURS A DIRE NON A L’ENVOI DE FAUX REPRESENTANTS AUX CES, 5e MANDATURE

Camarades travailleurs Vous avez dû apprendre par la presse que le mercredi 09 juillet 2014, un collège électoral mis en place sur l’initiative du ministre de la fonction publique, du travail, chargé du dialogue social, a désigné Dieudonné LOKOSSOU de la CSA- Bénin, Pascal TODJINOU de la CGTB, Noel CHADARE de la COSI-Bénin et Christophe DOVONOU de la CSPIB, pour occuper les quatre sièges destinés aux représentants des travailleurs au sein du Conseil Economique et Social, 5ème mandature. La CSTB qui est pourtant la Confédération la plus représentative a été purement et simplement exclue.

Que s’est-il réellement passé ?

En 1998 les combats des travailleurs ont abouti à faire voter la loi portant code de travail qui en son article 83  précise : « le caractère représentatif des organisations syndicales est déterminé par les résultats des élections professionnelles. »

Rappelons-nous : le combat pour régler la question de la représentativité dans notre pays a été âpre.

Dans les années 1990 seul le reliquat de l’UNSTB représentait partout les travailleurs.

La CSTB s’est imposée officiellement sur l’échiquier syndical en 1992 quand  la CSA et l’UNSTB se partageaient  toutes les places et décidaient au nom de tous les travailleurs.

Il a fallu des grèves, des luttes diverses pour que la Bourse du Travail soit acquise. Il a fallu que nous nous battions bec et ongle pour que les élections professionnelles soient un droit acquis prévu par le code de travail.

Camarades !

Souvenez-vous que même lorsque les élections professionnelles ont eu lieu et que vous avez désigné la CSTB comme première confédération syndicale, il a fallu la grève, il a fallu des marches en direction de la Direction Générale du Travail ; en direction du Ministère de la Fonction Publique pour que les résultats soient proclamés. Et lorsque les résultats ont été proclamés il a fallu la fermeté des travailleurs pour que les représentants des travailleurs issus  de la CSTB puissent vous arracher un minimumde satisfaction des revendications.

Au lendemain de la suspension de la motion de grève générale intervenue le 15 avril 2014, par quatre (4) Secrétaires Généraux des Confédérations Syndicales, au grand dam des travailleurs et du peuple, un décret a été pris en cachette par le gouvernement, décret qui décide que la représentativité au CES se fera désormais par des élections spéciales faites par un collège électoral composé de 05 représentants par  Confédération. La CSTB a saisi les Ministres concernés dont le Ministre de la Fonction Publique, du Travail et celui chargé des Relations avec les Institutions (MCRI). Ce dernier, qui assure la présidence du Comité national de supervision des désignations au CES, a donné raison à la CSTB par la correspondance n°321/MCRI/DC/SGM/DRI/SA du 27 mai 2014 en la  rassurant  de ce que le Code de Travail et ses décrets d’application seraient respectés et que la CSTB maintiendrait ses deux (02) sièges, la CSA un (01) siège et la CGTB un (01) siège.

Comment comprendre qu’on puisse même former un collège électoral en demandant à la CSTB qui a près de 45% de désigner cinq (5) personnes au même titre que la CSA, la CGTB, la COSI, l’UNSTB , la CESUB et la CSPIB qui ont respectivement 18 ; 16 ; 11 ; 5, 2  et 1% aux élections ?Quelle explication peut-on donner à une telle forfaiture ? En matière de justice, pour saisir le mobile du crime, il faut chercher à qui profite le crime.

En prenant le décret daté du 18 avril 2014 on remarque curieusement :

- Qu’il est pris au lendemain de la suspension de la grève par les 04 Secrétaires Généraux de la CSA-Bénin, CGTB, COSI-Bénin et CSPIB, le 15 avril 2014 ;

- Que les bénéficiaires de ce décret, les quatre soi disant élus pour siéger au CES sont justement ceux qui se sont illustrés dans le sabotage du dernier mouvement de grève ;

-C’est donc ouvertement un complot dont les auteurs sont le gouvernement et les traitres du mouvement des travailleurs en vue de leur arracher ce qu’ils ont conquis  de haute lutte : le droit de représentativité dans les instances de décision.

La belle union est désormais scellée entre les traitres et le gouvernement contre les travailleurs.

La CSTB condamne par conséquent l’attitude du gouvernement de YAYI Boni qui veut liquider coûte que coûte les acquis démocratiques des travailleurs. Elle dit aux travailleurs : levez-vous et  n’acceptez jamais le piétinement de vos acquis en matière de représentativitécar vous avez trop souffert pour les conquérir.Mobilisez-vous et dites, ça suffit! A travers diverses actions : Pétitions, Assemblées Générales, Sit-in et autres formes de protestations.

Non à la remise en cause de nos acquis !

Non aux représentants fantoches !                                                    

Le Secrétaire Général Confédéral
Paul Essè IKO