La Nouvelle Tribune

Le « coup d’Etat » de Sacca Lafia à Aholou Kèkè

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Contre toute attente, les membres de la commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme ont démarré effectivement hier l’étude en commission de la proposition de loi portant interdiction du droit de grève aux magistrats en République du Bénin. Cela, en l’absence de la présidente de cette commission en mission à l’étranger. 

C ’est sous la présidence du vice-président de cette commission, Sacca Lafia que tous les députés membres de cette commission des lois ont été convoqués. Pour cause, la présidence de la commission des lois, Hélène Aholou Kèkè est actuellement en mission parlementaire hors du territoire national. Selon des sources proches de l’institution parlementaire, elle serait parmi la délégation du président de l’Assemblée Nationale qui a entrepris un voyage pour une mission parlementaire au Canada. Ce voyage aurait-il été programmé exprès pour que le vice-président de la commission des lois se saisisse du dossier ? Serait-ce une stratégie des signataires de cette proposition de loi pour contourner la présidente de la commission des lois ? Pourquoi avoir attendu que la présidente Hélène Aholou Kèkè voyage pour qu’on se précipite pour programmer ce dossier en commission pour examen ?

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Tout porte à croire que la présidente de la commission des lois a été pris au piège tendu par ses collègues de la majorité parlementaire qui sont favorables à l’étude de cette proposition de loi. Dans tous les cas, les mêmes sources parlementaires révèlent que, lorsque la présidente de la commission des lois a appris que l’étude de la proposition de loi a démarré ce jour en commission, elle n’aurait pas caché sa furie et son mécontentement face à ce hold-up depuis son pays de destination. Il faut dire que le piège a été bien programmé et huilé afin que cette proposition de loi, après son étude hier en commission des lois, passera en plénière à l’Assemblée nationale. Tout serait planifié afin que le vote de cette proposition de loi passe rapidement en plénière, surtout que les signataires l’ont introduit sur la table du président de l’Assemblée Nationale pour une procédure d’urgence. On se rappelle que lors de l’affectation de ce dossier par le président Mathurin Nago à la commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme, la présidente de cette commission Hélène Aholou Kèkè avait, malgré la procédure d’urgence, demandé qu’on lui donne un délai d’un mois afin qu’elle dépose son rapport pour être examiné en plénière. Dans tous les cas, les dés semblent être jetés, malgré les pressions diverses des magistrats et des syndicats qui menacent même de marcher demain sur l’Assemblée nationale pour se faire entendre.