La Nouvelle Tribune

Constitution du nouveau gouvernement

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19 nouveaux ministres entrants et 11 anciens restés (* un gouvernement pléthorique * regression dans l'approche genre)
Après plusieurs mois de longue attente, le chef de l’Etat le Dr Boni vient de rendre finalement public son nouveau gouvernement. Contrairement au gouvernement précédent qui est en nombre inférieur, le nouveau gouvernement est constitué de 30 membres. On constate que sur l’ensemble des porte-feuilles ministériels, il y a 19 nouveaux entrants. Le chef de l’Etat a voulu maintenir avec lui 11 anciens ministres à savoir les deux ministres d’Etat Pascal Koukpaki et kogui N’Douro, Christine Ouisavi qui a changé de porte-feuille, Désiré Adadja, François Noudégbessi, Soulé Mana Lawani, Grégoire Akofodji et Roger Dovonon qui ont conservé leur poste au gouvernement, Sacca Lafia, Galiou Soglo et Armand Zinzindohoué qui sont aussi restés mais dont les porte-feuilles ont changé de dénommination. En ce qui concerne les nouveaux ministres, 19 entrées ont été enregistrées dont Réckya Madougou, l’ancien député Barthélémy Kassa, l’actuel député Allassane Séidou, le conseiller technique au transport du chef de l’Etat Issa Badarou, le directeur général du trésor Félicien Chabi et les députés François Abiola du Madep et Valentin Houdé. C’est dire que le chef de l’Etat a voulu renouveler à plus de 60% son équipe gouvernementale.
Ismail Kèko

Un gouvernement pléthorique !
L’effectif des membres du gouvernement passe de vingt six (26) à trente (30). Une grande première en République du Bénin, un pays dont, les limites des ressources sont pourtant connues. Avec vingt six (26) départements ministériels, l’Etat a dû recourir à des propriétaires privés de biens immobiliers pour abriter les bureaux de plusieurs ministres et leurs cabinets. Alors que le nombre de ces départements passe à trente (30), on peut déjà imaginer l’état et la qualité des locaux qui vont abriter les nouveaux ministères. A cela, il faut ajouter le budget d’installation et de fonctionnement des nouveaux ministres et de leurs ministères. Un grand gouvernement de trente (30) membres pour un petit pays comme le nôtre, ne disposant pas de ressources naturelles, est à la limite du gaspillage.  L’exemple du Niger qui est au moins cinq fois plus grande que la France et des dizaines de fois plus vaste que le Bénin s’est doté d’un gouvernement de 35 membres seulement, malgré l’immensité de ses gisements d’uranium et consorts. De plus, à un moment où la crise économique bat son plein et que le président Boni Yayi lui-même avait décidé de la réduction du train de vie de l’Etat à hauteur de 25%, on s’interroge sur les tenants et les aboutissants de ce gouvernement.  Une fois encore, on note que les actes du président Boni Yayi sont en contradiction avec ses dires. L’autre lecture qui se dégage de ce gouvernement pléthorique est que le président Boni Yayi a vraisemblablement tenu à remercier d’autres amis et contenter certains frustrés. Puisque à analyser avec minutie, on ne décèle pas des motifs solides qui engagent le grand nombre de ministres. Seulement, on se demande si le président Boni Yayi va passer tout son mandat à remercier et retourner l’ascenseur à des gens qui l’ont soutenu ou rendu un quelconque service.                                           
Ludovic D. Guédénon

Régression dans l’approche genre !
Six (06) dans le précédent gouvernement, les femmes ministres sont au nombre de quatre désormais autour du président Boni Yayi. Elles sont seulement trois (03) femmes  à être nouvellement appelées par le chef de l’Etat dans le gouvernement proclamé hier mercredi. Elles rejoignent Mme Christine Ouinsavi, la seule femme ministre de l’ancien gouvernement maintenue. Ainsi, Réckia Madougou, Mamata Bako Djaouga,  Mamatou Marie Joe Mèba Bio Djossou et Christine Ouinsavi représentent à elles seules la gente féminine béninoise (52% de la population) dans un gouvernement de trente (30) membres soit un taux de représentativité de l’ordre de 13%.
L. D. G.