La Nouvelle Tribune

Rencontre au sommet sur la situation sécuritaire : folklore de mauvais goût à la Marina

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En réaction à la mort d’un autre policier en l’espace d’un mois lors d’un braquage, le président de la République a tenu au Palais de la présidence de la République une séance de travail avec les forces de défense et de sécurité. 

Ladite séance s’est tenue dimanche 08 juin. La salle du Peuple du palais de la présidence de la république était bondée d’hommes en uniformes. Des hauts gradés de la hiérarchie militaire et policière aux Gardiens de Paix. La rencontre n’a accouché de rien. Aucune résolution concrète à part un engagement du président Boni Yayi à œuvrer pour la sécurité de ses concitoyens. Il ne pouvait en être autrement. Rien de grand ne se fait dans le bruit. Encore moins la très sensible question de sécurité. Boni Yayi nous a déjà habitués à ses rencontres folkloriques de la salle du peuple du Palais chaque fois qu’un problème se pose dans un secteur donné. Il est évident que le meurtre de ce policier lors d’un braquage appelle de la part des autorités une réponse énergique. Mais surtout efficace. Hélas, la rencontre qui a eu lieu dimanche dernier est tout sauf une démarche d’efficacité. Le président Boni Yayi avait-il besoin de réunir cette pléthore de gendarmes et policiers avant de prendre les mesures idoines ? Une séance de travail sérieuse avec la direction générale de la police nationale, le chef d’état-major de l’armée aurait pu sans doute permettre de mieux cerner la situation et définir les résolutions concrètes à prendre. En lieu et place de cela, Boni Yayi a préféré s’adonner à un coup de publicité politique auprès des forces de police. Et ce, dans l’optique de montrer au peuple qu’il se préoccupe de ses problèmes. En donnant l’impression d’être là pour tout faire, le président Boni Yayi s’implique dans la micro-gestion du pays. Et ce, au détriment de ses proches collaborateurs. Sur la question de la sécurité, il a fait ombrage au ministre de l’Intérieur qui aurait pu pourtant tenir une réunion de crise avec la hiérarchie policière avant même qu’on atteigne l’étape du chef de l’Etat. Le port de Cotonou a un directeur général. Le gouvernement compte un ministre chargé de l’économie maritime et portuaire. Malgré cela, il n’est plus étonnant de voir le président Boni Yayi tenir lui-même des séances de travail avec les acteurs portuaires pour se pencher sur des problèmes du secteur. La méthode est la même pour la gestion du secteur agricole, notamment cotonnier. On se demande au finish à quoi servent les ministres de Boni Yayi si ce ne sont des commissaires politiques. C’est la méthode Yayi.