La Nouvelle Tribune

Accords de prêts à l’Etat béninois : les députés ratifient environ 42 milliards, l’opposition émet des réserves

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Quatre dossiers d’autorisation de ratification étaient à l’ordre du jour de la plénière d’hier à l’Assemblée nationale. Tous ces dossiers, après étude en plénière dirigée par le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Boniface Yèhouètomè, ont été adoptés à l’unanimité des députés présents.

Il s’agit d’une part du projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de financement signé à Washington DC, le 10 avril 2014, entre la République du Bénin et l’Association Internationale de Développement (Aid), dans le cadre du projet Emploi des jeunes (Pej). Cet accord de financement est estimé à 17.500.000.000 Fcfa. Le Pej a pour objectif d’améliorer l’accès aux compétences et aux opportunités d’emploi des jeunes en situation de sous-emploi au Bénin. Selon le rapport de la commission, la réalisation de ce projet permettra entre autres d’aider les jeunes qualifiés ayant acquis des compétences entrepreneuriales, sociales et comportementales à surmonter les contraintes de capital en leur fournissant des subventions, d’améliorer l’employabilité des jeunes béninois pas du tout ou peu éduqués, en leur donnant l’opportunité de mettre à niveau, leurs qualifications à travers l’apprentissage, de contribuer à la modernisation et à la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage au Bénin, de promouvoir l’information et de la communication sur l’emploi et de soutenir l’Agence Nationale pour l’Emploi (Anpe) dans la réforme et la mise à l’échelle de ses programmes existants d’appui à l’entrepreneuriat et au travail indépendant des jeunes.

Projet de services décentralisés conduits par les communautés

En ce qui concerne le second dossier relatif au projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de financement additionnel signé à Washington DC, le 10 avril 2014, entre la République du Bénin et l’Aid, dans le cadre du projet de services décentralisés conduits par les communautés (Psdcc), le montant du prêt est de 15 milliards Fcfa et est articulé en 4 composantes. La première concerne les subventions aux communes pour la fourniture des services de base, la seconde est relative au Programme pilote de filets sociaux, la troisième concerne l’assistance technique et renforcement des capacités, notamment la mise en œuvre d’un programme d’activités destiné à renforcer les performances du Fadec et à accroître ses capacités pour la supervision et l’intégration de l’approche de développement conduit par les communautés. La quatrième composante est relative à la gestion du projet.

Appui de la politique de développement pour la réduction de la pauvreté

Pour ce qui est du troisième dossier étudié hier à l’hémicycle, il s’agit du projet de loi portant autorisation de ratification, de l’accord de financement signé à Washington DC, le 10 avril 2014, entre la République du Bénin et l’Aid, dans le cadre de la mise en œuvre du neuvième financement à l’Appui de la politique de développement pour la réduction de la pauvreté (Prsc- 9). Le coût estimatif du prêt est de 10 milliards FCFA. La mise en œuvre efficace du Prsc-9 contribuera à l’amélioration de la gestion des finances publiques, la gouvernance du secteur public, la compétitivité du secteur privé et la diversification de l’économie, à l’accélération de la croissance, le renforcement de la stabilité macro-économique et de l’amélioration de l’utilisation des ressources publiques, à l’amélioration de la compétitivité du secteur privé, la diversification de l’économie et des services sociaux des populations vulnérables tels que la santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement.

Construction d’une Ecole normale supérieure de l’enseignement technique

Quant au quatrième et dernier dossier, il est relatif au projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé à Cotonou, le 22 avril 2014, entre la République du Bénin et la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (Badea), dans le cadre du financement partiel du projet de construction et d’équipement de l’Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement Technique de Lokossa (Ensetl). Le coût du financement est de 4 milliards Fcfa. Il vise comme objectif, la construction et l’équipement du siège de l’ENSETL, sur une superficie de 6 178 ha, pour un effectif prévisionnel de 1 000 étudiants.
Des députés émettent des réserves

Le député Eric Houndété de l’Un dira que le Gouvernement n’a pas tiré leçon de l’expérience du rejet du budget général de l’Etat gestion 2013. Au mois de juin 2014, le gouvernement ne semble pas disposer à respecter cette loi. Selon ses propos, le gouvernement n’a pas donné les noms des villages identifiés comme village pauvres. Pour lui, dans le document, on sent que les communes n’ont pas été associées. Ce document ne reflète pas la réalité de nos communautés. Quant à l’honorable Edmond Zinsou, il est revenu sur le dossier emplois des jeunes. Etant initiateur d’une question orale avec débats pour savoir ce que le gouvernement fait pour le chômage des jeunes, il s’indigne que la question n’ait pas été programmée par les responsables de l’Assemblée nationale. Selon lui, le gouvernement ne prend pas avec acquitté ce problème du chômage des jeunes. Il a tiré la sonnette d’alarme en affirmant que, si on ne fait pas travailler les jeunes, les conséquences pour ce pays seront inimaginables. L’honorable Gabriel Tchocodo a pour sa part, souhaité que le projet de construction de l’ENSETL ne connaisse pas le triste sort du projet Education et que ce financement serve véritablement à la construction de cet équipement à Lokossa. D’avis contraire, le député de la majorité parlementaire Emile Tossou a félicité la commission pour le travail abattu. Selon ses propos, pour l’emploi des jeunes, dans tout le monde entier, le problème d’emploi des jeunes est un problème épineux. Il a salué l’effort du gouvernement avant de dire qu’il a vite compris la situation en mettant beaucoup d’argent pour résoudre le problème des jeunes. Quant au dossier concernant la construction de l’Ensetl, il dira que l’éducation est une chose capitale. Et une fois cette école construite, elle va avantager beaucoup des étudiants. D’autres députés tels que, Nicaise Fagnon, Soulé Sabi Moussa, Valère Tchobo et autres ont intervenu, soit pour féliciter le gouvernement, soit pour le condamner. Malgré ces discussions, les quatre dossiers ont reçu l’aval des parlementaires. Signalons que le gouvernement a été représenté au cours de la séance par l’argentier national, Jonas Gbian, le ministre de la micro finance, Françoise Assogba, le ministre chargé des relations avec les institutions et son homologue de la décentralisation, Isidore Gnonlonfoun.